Dans un courrier consulté par RTL, Me Ambroise Vienet-Legué, défenseur de Suleiman Mogouchkov, interpelle le préfet de Seine-Saint-Denis pour contrecarrer l'expulsion programmée de son client vers la Russie, en vertu d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). L'avocat déclare : "Si l'autorité judiciaire souhaite garantir sa présence en France, l'autorité administrative semble vouloir l'expulser." Ce lundi, une audience se tiendra au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, où la possibilité d'expulsion est à l'ordre du jour, avant même le procès.
La situation demeure singulière. Suleiman Mogouchkov, en détention depuis son arrestation, a été placé sous surveillance au CRA du Mesnil-Amelot, proche de l'aéroport d'Orly, en attente de son placement dans un dispositif de suivi anti-terroriste. Malgré ses recours, il est confronté à une expulsion vers la Russie.
Dans la lettre adressée au préfet, son avocat souligne : "Si Monsieur Mogouchkov refuse de monter à bord d'un vol vers la Russie, ce n'est pas par défiance à l'égard des autorités, mais pour se conformer aux exigences judiciaires qui lui imposent de rester en France."
Me Vienet-Legué met en lumière un paradoxe : "On ne peut pas, d'une part, lui reprocher des actes extrêmement graves, puis, d'autre part, l'expulser dans son pays, d'où il ne pourra justement pas se défendre." Cette assertion souligne la complexité de la situation juridique actuelle.
Un témoin essentiel
Au-delà de la simple défense, il est impératif pour Suleiman Mogouchkov d'assister à son propre procès, étant donné qu'il fait face à des accusations de complicité dans un attentat terroriste. Son absence concocterait une grave lacune pour les parties civiles et la société, car il représente "un témoin essentiel", selon son avocat. Deguerpir avant le procès pourrait également privatiser le juge et le jury des informations cruciales sur la dynamique complexe entre lui et son frère.
Les ramifications de cette affaire attirent l'attention des experts en droit, pointant vers la nécessité d'une justice équilibrée et d'un respect des droits de l'homme dans des situations tendues telles que celle-ci. L'affaire est suivie de près par des médias français, car elle soulève des questions fondamentales sur notre système judiciaire face aux enjeux de sécurité nationale.







