Par une décision d'urgence, la Cour suprême des États-Unis a stoppé l'exécution par inhalation d'azote d'un condamné, Jeffery Lee, prévu pour le 11 juin. Cet homme de 49 ans devait répondre d'un double meurtre commis lors d'un cambriolage en 1998. La méthode décriée utilise un masque permettant la diffusion d'azote gazeux, provoquant une asphyxie.
Une cour fédérale avait déjà rejeté le recours à cette méthode, une position contestée par l'État de l'Alabama devant la Cour suprême. Dans une ordonnance non signée datée de jeudi soir, la Cour a déclaré : "La demande de sursis ou d'annulation (...) soumise à la Cour est rejetée". Le manque de précisions dans ce type de décision est courant lors des interventions d’urgence.
Cette méthode d’exécution est vivement critiquée par les experts de l’ONU, qui la qualifient de cruelle et inhumaine. En 2022, cinq prisonniers ont été exécutés par ce biais aux États-Unis, un chiffre qui s'inscrit dans le contexte de 47 exécutions au total l’an dernier selon le rapport de l’administration pénitentiaire de Floride. L'Alabama, avec ses cinq exécutions, rejoint des États comme la Caroline du Sud et le Texas. En revanche, la Floride se distingue avec 19 exécutions à son actif.
La méthode la plus couramment employée reste toutefois l'injection létale, qui a concerné 39 des prisonniers exécutés au cours de l'année précédente. Cette décision de la Cour suprême soulève des questions cruciales sur l'éthique des méthodes d'exécution en vigueur dans certains États, alors que le débat autour de la peine de mort continue de diviser l'opinion publique. Comme le souligne le sociologue Jean-François Aké, "Il est impératif de repenser les pratiques d’exécution dans une société qui prétend respecter les droits humains".







