Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a exprimé sa colère après que les États-Unis ont classé deux factions criminelles brésiliennes comme "organisations terroristes". Cette décision, selon lui, constitue une ingérence inacceptable dans les affaires de son pays.
Lors d'une cérémonie officielle dans l'État de Sergipe, Lula a affirmé : "Nous n’acceptons pas d'être traités comme des gamins, comme si nous étions une république de pacotille. Ne jouez pas avec la souveraineté de ce pays. Ne jouez pas avec notre démocratie." Cette déclaration fait écho à l’indignation grandissante face aux actions des États-Unis, estimant qu’elles compromettent la souveraineté nationale, surtout à l'approche des élections présidentielles d'octobre prochain.
Son administration conteste fermement cette désignation des groupes Comando Vermelho (CV) et Primeiro Comando da Capital (PCC), qui, issus du milieu carcéral, sont impliqués dans des activités criminelles telles que le trafic de cocaïne. En alliance avec des organisations comme la 'Ndrangheta italienne, ces groupes ont également contribué à l'acheminement de drogues vers l'Europe, causant des ravages dans des zones défavorisées comme les favelas de Rio de Janeiro.
Un impact négatif sur les relations bilatérales
Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a affirmé que ces groupes figuraient parmi les plus violents du Brésil. En réponse, Lula a dit : "Ils sont des terroristes pour la société brésilienne, pour les habitants des quartiers pauvres, et nous allons les combattre ici." Il a également ajouté que le CV et le PCC ne s’inscrivaient pas dans la catégorie définie par la législation brésilienne sur le terrorisme, mais devraient plutôt être considérés comme des organisations criminelles internationales.
Le gouvernement brésilien a rejeté ces "mesures unilatérales" de Washington, les qualifiant de retour en arrière dans la lutte contre la criminalité et d'un risque pour la vie humaine.
Les enjeux politiques et sécuritaires à l'approche des élections
La lutte contre le crime organisé est cruciale pour le gouvernement Lula, surtout avec la montée des inquiétudes parmi les électeurs à l'approche des élections. Notamment, Flavio Bolsonaro, candidat à la présidence, a récemment plaidé auprès de Donald Trump pour cette désignation de terroristes, renforçant l'idée d'une militarisation potentielle de l'aide américaine au Brésil.
Cette situation met non seulement en lumière des tensions diplomatiques mais aussi les enjeux intérieurs liés à la sécurité, un thème central dans la campagne électorale actuelle. Lula, se référant à cette manipulation politique, a accusé Flavio Bolsonaro de trahir le pays en sollicitant une intervention américaine.
Alors que les relations entre les deux nations se tendent, le président américain a renforcé ses efforts contre le trafic de drogue, établissant une coalition militaire axée sur l'éradication des cartels à travers divers pays latinos, ce qui complique davantage la dynamique régionale et bilatérale.







