Xenia Fedorova, ancienne directrice de la chaine russe RT France, s'impose aujourd'hui dans le paysage médiatique français au sein du groupe Bolloré. Accusée par le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, d'être une "propagandiste patentée" du Kremlin, ses interventions dans des médias comme CNews et Europe 1 soulèvent de vives inquiétudes. Barrot déclare que sa présence à l'antenne revient à "servir la soupe de Vladimir Poutine".
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a également dénoncé les "propos très graves" tenus par Fedorova, signalant qu'ils inversent la charge de la preuve dans le conflit russo-ukrainien. Bien que sollicitée, Fedorova a décliné l'invitation à s'exprimer auprès de l'AFP, se cachant derrière la peur de voir ses réponses mal interprétées.
Fedorova est également auteure d'une chronique dans l'hebdomadaire JDNews et présente des émissions sur Canal+, tous sous la coupe de Vincent Bolloré, un milliardaire réputé pour son influence considérable dans les médias. Ses prises de position, selon lesquelles "l'Occident est responsable de la prolongation de la guerre", ne passent pas inaperçues et cristallisent les tensions.
Xenia Fedorova.
Qualifier de « propos très graves » toute analyse qui ne reprend pas la grille de lecture dominante est devenu un réflexe commode. Mais ce n’est pas un argument.
Je suis journaliste. J’exprime une analyse, parfois critique, notamment sur le rôle de l’Occident dans le conflit (source : @xfedorova sur Twitter).
Maxime Audinet, chercheur à l'Inalco, estime que Fedorova bénéficie d'une visibilité bien plus grande dans les médias français qu'elle n'en avait en dirigeant RT. Le chercheur Julien Nocetti, associé à l'Ifri, qualifie Fedorova d'"agent d'influence" peu comparable à d'autres figures en Europe. Sa présence dans les médias français, selon lui, n'est pas anodine et témoigne d'une stratégie pro-russe.
Marina Ovsiannikova, une journaliste ayant fui la Russie après avoir protesté contre la guerre, s'inquiète de la situation actuelle en déclarant que "ce que j'ai fui en Russie a désormais atteint la France".
Le climat de tension se renforce autour de Fedorova, qui, malgré les controverses, continue à s'exprimer facilement dans les médias grâce à l'appui de Bolloré. La prolongation de son titre de séjour en France a également suscité des questions à la lumière de ses propos jugés controversés.
"Xenia Fedorova n’est pas la seule à critiquer le gouvernement français ; c'est ce qu'on appelle la démocratie", affirmait Jean-Noël Barrot. La liberté d'expression en France, malgré les critiques, reste un enjeu fondamental, bien qu'elle soit interprétée de différentes manières.







