Avant le scrutin présidentiel au Pérou, Keiko Fujimori, candidate de la droite, a annoncé plusieurs mesures audacieuses qui marquent sa campagne. Selon les sondages, elle est en tête avec environ 15% des intentions de vote, dans un contexte où 35 candidats rivalisent pour la présidence.
Fujimori, qui se présente pour la quatrième fois, veut renforcer les liens avec Washington et a révélé son intention de privilégier les investissements américains. Dans une interview accordée à l'AFP, elle a déclaré : "Mon rôle, si je suis élue présidente, sera d’encourager les États-Unis à s’impliquer de nouveau plus activement". De plus, elle souhaite mobiliser l’Union européenne pour qu’elle s’intéresse à l’économie péruvienne, affirmant : "Nous devons inciter l’Europe à osé traverser l’Atlantique pour rejoindre le Pérou."
La candidate a également souligné que le Pérou est le deuxième plus grand destinataire d'investissements chinois en Amérique latine, attirant 29 milliards de dollars entre 2005 et 2025, selon le China Global Investment Tracker. En évoquant la montée en puissance de dirigeants conservateurs en Amérique latine, comme Javier Milei en Argentine et José Antonio Kast au Chili, elle a exprimé son désir de voir le Pérou s'inscrire dans cette mouvance, déclarant : "Il ne manque plus que la Colombie et le Pérou".
La lutte contre la criminalité, souvent liée à l'immigration, est au cœur de son discours. Fujimori a assuré : "Nous expulserons les ressortissants en situation irrégulière", souhaitant également envoyer l'armée dans les prisons pour y rétablir l'ordre. Cette politique stricte inclut un "corridor humanitaire" pour faciliter le retour des migrants vénézuéliens.
Elle a fait parler d'elle avec des propositions polémiques, comme la réinstauration des "juges sans visage", une pratique qui rappelle des temps tumultueux. Bien que son père, Alberto Fujimori, ait été condamné pour corruption et crimes contre l'humanité, elle continue de transmettre une image positive de son héritage, notamment pour sa contribution à la lutte contre le Sentier lumineux.
Les récents sondages indiquent également que des candidats comme l’humoriste radical Carlos Alvarez et l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga sont en embuscade, rendant le résultat de l'élection incertain. En outre, le pays se remet d'une grave crise politique, ayant vu huit présidents en dix ans, dont quatre destitués.
Lors de cette élection, les Péruviens choisiront également leurs députés pour le Parlement, dans le cadre du rétablissement d'un système bicaméral, une première depuis les années 90.







