Ce lundi, la cour d’appel de Versailles se penche sur le cas d’une enseignante accusée de harcèlement scolaire envers Evaëlle, une élève de 11 ans qui s'est tragiquement suicidée en 2019. Le parquet requiert une peine de 18 mois de prison avec sursis.
Strictement exigeante ou humiliant ses élèves, l’enseignante en question est aujourd'hui au cœur d'un procès qui pourrait faire évoluer la perception du harcèlement scolaire. Marie Dupuis, la mère d’Evaëlle, a exprimé son « appréhension » face à ce verdict. Au micro de RTL, elle a exhorté à « lever le voile sur la maltraitance de certains professeurs », reconnaissant que si cela concerne une minorité, le problème reste préoccupant.
« C’est principalement l’Enseignante qui a harcelé Evaëlle », a-t-elle déclaré. De son côté, l’enseignante maintient qu’elle n’a jamais eu mauvaise intention et qu’elle voulait aider sa jeune élève.
18 mois de prison avec sursis requis
Dans la lumière tragique du suicide d’Evaëlle, qui a eu lieu dans sa chambre à Herblay (Val-d’Oise), Marie Dupuis estime que depuis ce drame, « les choses ont changé », évoquant des mesures comme la loi Balanant contre le harcèlement scolaire. Notons que l'enseignante est maintenant à la retraite et n'a plus eu d'élèves depuis six ans.
Lors du procès en appel, le portrait de cette enseignante de 63 ans s’est révélé nuancé. Le parquet général a requis 18 mois de prison avec sursis pour des actes qualifiés de harcèlement moral envers une élève « tout juste sortie du primaire ».
Evaëlle, décrite comme une élève « précoce » et ayant « du mal à s’intégrer », était en proie à du harcèlement de la part de ses camarades mais également à des tensions avec sa professeure de français. Les parents de l’adolescente se souviennent d’un épisode dévastateur : lors d’une séance en cours de français, l’enseignante a demandé à toute la classe de répondre à la question : « Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée et exclue ? », ce qui a provoqué chez Evaëlle des pleurs, aggravés par l’irritation de la professeure.
Au cours de l’enquête, plusieurs camarades ont confirmé les comportements récurrents de l’enseignante, qui ne cessait de discipliner Evaëlle avec des remontrances répétées. « Elle lui criait souvent dessus », a déclaré une élève, tandis qu'une autre a observé que l’enseignante semblait s’attaquer aux plus vulnérables. Ce témoignage met en lumière la nécessité de réagir face à ce type de pratiques au sein des établissements scolaires.







