À l'approche des élections péruviennes, Keiko Fujimori, la candidate de droite, se positionne comme la favorite. Dans une interview accordée à l'AFP, elle a affirmé son intention d'expulser les migrants en situation irrégulière et d'attirer des investissements américains pour soutenir l'économie du pays.
Fujimori, qui a déjà tenté sa chance à la présidence trois fois auparavant, évoque un plan ambitieux pour rétablir la sécurité dans un pays particulièrement touché par la criminalité. Elle se rapproche de Washington et des dirigeants conservateurs de la région, notamment en Argentine, au Chili, en Équateur et en Bolivie.
En réponse à la montée des tensions entre les États-Unis et la Chine en Amérique latine, elle a affirmé : "Mon rôle sera d’encourager les États-Unis à s’investir de nouveau dans l’économie péruvienne". Fujimori souhaite également inciter l'Europe à renforcer ses relations avec le Pérou.
Avec des investissements chinois massifs dans le pays, elle semble déterminée à modifier cette dynamique. "L'Amérique latine évolue vers un modèle qui privilégie la liberté et la sécurité", a-t-elle ajouté, faisant référence à l'élection de dirigeants de droite dans la région.
Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, aborde sa campagne avec une promesse claire : endiguer la montée de l'insécurité, qu'elle lie directement à l'immigration illégale.
"Nous expulserons les ressortissants en situation irrégulière", a-t-elle promis, tout en affirmant vouloir déployer l’armée pour contrôler les prisons et réformer le système judiciaire.
Elle a également proposé la création d’un "corridor humanitaire" pour permettre aux Vénézuéliens en situation irrégulière de retourner chez eux, tout en insistant sur le renforcement des frontières et le retour des "juges sans visage", une méthode controversée employée durant le mandat de son père.
Le contexte politique du Pérou est délicat, marqué par une instabilité persistante. Le pays a connu huit présidents en dix ans, et les Péruviens s’apprêtent à élire leurs représentants au Parlement, dans le cadre du rétablissement d’un système bicaméral, une première depuis des décennies.
À quelques jours des élections, Keiko Fujimori est suivie de près dans les sondages par plusieurs concurrents, dont l'humoriste Carlos Alvarez et l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga, soulevant ainsi des enjeux cruciaux pour l'avenir du Pérou.







