L'autorité policière fédérale d'Australie a confirmé l'arrestation d'un ancien soldat, ce 7 avril, à l'aéroport de Sydney, concernant des crimes de guerre présumés en Afghanistan. Bien que la police n'ait pas officiellement révélé l'identité du suspect, les médias australiens rapportent qu'il s'agit de Ben Roberts-Smith, décoré de la Victoria Cross, la plus haute distinction militaire d'Australie.
Arresté lors d'un passage dans un aéroport, Roberts-Smith, âgé de 47 ans, devait comparaître devant un tribunal plus tard dans la journée. Les accusations portées à son encontre incluent cinq crimes de guerre, notamment des meurtres présumés survenus en avril 2009, ainsi qu'en septembre et octobre 2012, dans la province d'Uruzgan.
Un héros de guerre terni par des allégations graves
La commissaire de la police fédérale, Krissy Barrett, a déclaré que les victimes n'étaient pas engagées dans des combats au moment de leurs morts présumées. Selon elle, "ces individus ont été abattus soit par l'accusé, soit par des subordonnés agissant sur ses ordres".
Roberts-Smith, ancien membre du Special Air Service Regiment, avait acquis une notoriété en tant que héros de guerre. Il avait reçu la Victoria Cross pour son "courage exceptionnel" en Afghanistan, où il était engagé dans la traque d'un leader taliban. Son portrait figure dans un mémorial de guerre à Canberra, et il a même eu l'honneur de rencontrer la reine Élisabeth II.
Cependant, sa réputation a subi un coup dur en 2018, lorsque des articles médiatiques l'ont lié à des meurtres de prisonniers afghans. Ben Roberts-Smith a dénié ces allégations, mais il a subi des défaites dans des poursuites en diffamation contre les médias qui l'accusaient.
Un passé militaire complexe
Une enquête menée par les journaux The Age et The Sydney Morning Herald a mis en lumière des comportements criminels accablants, accusant Roberts-Smith de pousser des civils afghans non armés du haut de falaises et de participer à des exécutions sommaires.
Au total, l'Australie a déployé environ 39.000 soldats en Afghanistan au cours de deux décennies, dans le cadre d'une opération visant à contrer les talibans ainsi que d'autres groupes militants. Une enquête militaire de 2020 a révélé que des membres de forces spéciales avaient "illégalement tué" 39 civils et prisonniers afghans, une découverte qui a suscité une indignation publique considérable.
Face à cette pression, le gouvernement a nommé un enquêteur spécial afin d'évaluer la nécessité de poursuites contre des soldats, en service ou à la retraite. En mars 2023, un autre ancien soldat des forces spéciales a également été arrêté pour des crimes de guerre présumés, avec un procès prévu en février 2027 devant la Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud.







