Le Parlement européen propose d'imposer aux compagnies aériennes opérant des vols intérieurs de permettre un bagage cabine de 7 kilos gratuitement, en plus d'un petit accessoire comme un sac à main. Cette initiative, qui nécessite l'approbation du Conseil européen, fait face à un fort lobbying des compagnies à bas prix.
Des sociétés comme Easyjet, Ryanair et Transavia, qui perçoivent des frais pour les bagages cabine allant de 15 à 50 euros, s'opposent vivement à ce projet. En fait, dans certains cas, le coût du transport des bagages peut dépasser celui du billet d'avion lui-même. L'association des passagers européens, pour sa part, plaide pour un bagage cabine gratuit allant jusqu'à dix kilos, soutenant que cela améliorerait l'expérience de voyage.
Les compagnies low cost, quant à elles, justifient leur position en affirmant que l'intégration de ces frais dans le prix du billet perturberait leur modèle économique. Selon elles, la facturation des services additionnels, en particulier celle des bagages, représente jusqu'à 20 % de leurs revenus. Cette structure de coûts est cruciale pour leur viabilité financière. Un porte-parole de la compagnie aérienne Easyjet a déclaré que "une telle mesure mettrait en péril notre capacité à offrir des tarifs accessibles à nos clients."
Un surcoût qui pourrait rogner les marges
Les compagnies préconisent également que chaque passager devrait être facturé selon ses besoins spécifiques. "Tout le monde n'emporte pas un bagage, et il n'y a pas de raison valable de faire payer davantage les passagers sans bagage," ajoutent-elles, indiquant que cela pourrait entraîner une baisse de la clientèle. En outre, l’application de cette règle pourrait entraîner des coûts indirects significatifs, notamment en matière de surpoids, puisque l'ajout d'un bagage de 7 kilos par passager pourrait entraîner des millions d'euros supplémentaires en factures de carburant au cours de l'année.
Ainsi, si cette initiative vise à renforcer les droits des passagers, il semble qu'elle pourrait également bouleverser le modèle économique de nombreuses compagnies aériennes à bas prix. L'issue de ce débat sera déterminante pour la future structure tarifaire des vols intérieurs européens.







