La responsabilité pénale de deux sociétés pétrochimiques, BPG et IREM Energies, a été confirmée par le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence, le 10 février 2026. Cette décision fait suite à l'accident mortel d'un soudeur qui a perdu la vie en raison d'une intoxication au gaz d'argon, un gaz à la fois "incolore et inodore".
Les juges ont infligé une amende de 50 000 euros aux deux entreprises, qui devront également verser 900 euros à l'épouse de la victime. La constitution de partie civile de cette dernière a été jugée recevable. Lors de l'audience de décembre 2025, le procureur avait requis une amende de 250 000 euros.
Paul*, l'ouvrier décédé le 29 mars 2018, a été victime d'un empoisonnement à l'argon alors qu'il effectuait des travaux de soudure sur de la tuyauterie industrielle. La présidente du tribunal a souligné la dangerosité de ce gaz, qui peut rapidement aspirer l'oxygène, rendant ainsi la situation particulièrement périlleuse.
Un manque de sécurité évident
Les travaux devaient assurer le bon fonctionnement d'une installation destinée à Cadarache, un centre de recherche nucléaire majeur en Europe. Paul a remarqué une imperfection nécessitant des corrections. L'avocat de la partie civile a précisé qu'une réparation effectuée de l'extérieur prendrait environ une demi-journée, alors que cela ne prendrait que cinq minutes par l'intérieur. Malheureusement, le dispositif était inadapté pour permettre une circulation d'air adequate.
"Il s'est évanoui presque instantanément, sans avoir eu le temps de réaliser le danger", a déclaré la magistrate, soulignant la nécessité de revoir les mesures de sécurité sur les lieux de travail dans le secteur. Cette affaire a mis en lumière des normes de sécurité souvent jugées insuffisantes dans l'industrie pétrochimique, posant ainsi la question de la vigilance à l'égard de la santé des employés.
Des experts exhortent les entreprises à mettre en place des protocoles rigoureux pour prévenir de telles tragédies à l'avenir. D'après un rapport de La Provence, le besoin d'évaluer et de renforcer les pratiques de sécurité est devenu plus urgent pour protéger le personnel contre les risques de travail en milieu dangereux.







