Le verdict vient de tomber et déjà, il suscite une vague d'indignation. Ce vendredi 16 janvier 2026, un ancien CRS a été condamné à sept ans de prison ferme pour avoir tiré et tué Aboubacar Fofana, le 3 juillet 2018, dans le quartier du Breil à Nantes. Laurent-Franck Liénard, l'avocat de l'agent, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, qualifiant la décision d'"inhumaine".
Après cinq jours de délibération, la cour criminelle départementale de Loire-Atlantique a statué que le policier avait commis des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, un crime sévèrement puni par la loi. Il est intéressant de noter que l'avocat général avait pourtant requis une peine de quatre ans, dont deux ferme, ce qui montre un certain décalage entre les attentes des procureurs et le jugement rendu.
Cette affaire a mis en lumière le climat de méfiance qui règne actuellement entre la population et les forces de l'ordre en France. Des experts en sociologie et en droit de la sécurité, comme le professeur Pierre de Viller, estiment que « cette condamnation pourrait être un tournant dans la relation entre les citoyens et la police, illustrant un désir croissant de responsabilité et de transparence dans le secteur des forces de l'ordre ».
La mort d'Aboubacar Fofana, qui a provoqué de vives réactions, souligne le dilemme auquel font face les autorités : comment assurer la sécurité publique tout en garantissant le respect des droits civiques ? Les manifestations qui ont suivi l'incident en 2018, principalement composées de jeunes du quartier, ont démontré la profondeur des blessures et l’urgence d’un dialogue constructif.
Comme l’indiquent plusieurs témoignages recueillis lors de ces manifestations, « nous ne voulons pas que ce type de tragédie se reproduise. Les policiers doivent être formés et responsables de leurs actes », affirmant ainsi un appel à une réforme institutionnelle. Le ministre de l'Intérieur, quant à lui, a promis que des mesures seraient prises pour renforcer la formation des forces de l'ordre.
Le deuxième procès que la défense envisage pourrait bien relancer un débat public déjà houleux. À l’heure où les tensions sont palpables dans de nombreuses grandes villes françaises, ce verdict pourrait servir de catalyseur pour de nouveaux mouvements sociaux qui exigent davantage de justice et d'équité dans l'application des lois. Seul l'avenir dira comment cette affaire influencera le paysage politique et social en France.







