Le lundi 12 janvier, lors des obsèques de sa mère à Vero, Alain Orsoni a été abattu, marquant l'une des tueries les plus marquantes en Corse depuis l'exécution d'Antoine Sollacaro en 2012. Le scénario semble tiré d'un thriller : un tireur embusqué s'attaque à ce personnage essentiel du nationalisme corse, au passé étroitement lié à la criminalité organisée.
À 71 ans, Orsoni suscitait encore des admirateurs dans la région, mais avait de nombreux ennemis qui lui imputaient, juste ou non, des responsabilités dans une série d'assassinats qui ont secoué l'île depuis les années 90. Son destin tragique s’est joué alors qu’il sortait du cimetière après avoir rendu un dernier hommage à sa mère, décédée deux jours avant sa propre mort, lorsqu’une balle de calibre 7,82 a transpercé son cœur avec une précision dévastatrice.
Des balles sur mesure pour une cible connue
Le projectile, un Remington 308, est typiquement destiné à la chasse au gros gibier, ce qui témoigne de la préparation minutieuse de ses commanditaires. Selon les experts, il est probable qu'ils avaient une connaissance approfondie des habitudes d'Orsoni, qui avait récemment quitté son refuge nicaraguéen.
Les enquêteurs, toujours en train de déterminer exactement d’où a été tirée la balle, s'interrogent sur l'identité de ceux qui informent et orchestrent de tels assassinats dans un contexte de rivalité et de violence persistante. Comme l'affirme le site Valeurs Actuelles, cet événement rappelle la montée en puissance de la criminalité en Corse et l’impunité dont semblent jouir certains groupes mafieux.
Un parcours mouvementé
Alain Orsoni, militant dès son jeune âge, a été façonné par ses origines militaires et son parcours à Panthéon-Assas. Il a activement participé à des attentats au sein du Front de libération nationale corse (FLNC) avant de se lancer dans des activités politiques et économiques. L'assassinat de son frère Guy en 1983 par des membres de la pègre corse a profondément marqué son engagement dans des luttes de pouvoir qui continuent à faire rage.
À partir de 1990, une scission au sein de son mouvement a entraîné une série de rivalités sanglantes, accentuées par le contrôle du territoire et des activités criminelles. Ces tensions ont conduit à l’exil temporaire d’Orsoni en Amérique du Sud avant son retour sur l'île, où il s'est de nouveau retrouvé au cœur de conflits avec d'autres figures influentes, notamment celles liées au clan de Jean-Gé Colonna.
Une spirale de violence et d'impunité
Les événements récents, comme l'assassinat de David Taddei, un membre du clan Orsoni, soulignent la brutalité du climat en Corse. Orsoni, malgré l’intelligence stratégique qu’il a pu montrer, a sous-estimé le danger en se montrant sans protection lors d’un événement aussi sensible. Comme l'a noté un expert en sécurité corses, “ce type d'assassinat ne fait que renforcer l'idée que l'île souffre d'une réelle crise de sécurité.”
Lundi 12 janvier, la tragédie d'Alain Orsoni nous rappelle la lutte incessante entre différentes factions et leurs conséquences fatales. Ce crime, commis avec une arme de précision, laisse une empreinte indélébile sur l’histoire lumineuse, mais tumultueuse, de la Corse.







