Paris (France) – Alors que la Coupe du monde de rugby 2023 se termine, l'affaire des tickets VIP plonge les protagonistes dans un imbroglio judiciaire. Daimani, la plateforme au cœur du scandale, nie les accusations et conteste la somme de près de 12 millions d'euros réclamée par les organisateurs du tournoi. Dans une déclaration à l'AFP, le groupe s'est érigé contre cette créance, affirmant : "Daimani France ne doit certainement pas 12 millions au GIE, et nous voulons un procès pour éclaircir cette situation".
Christophe Pierrel, représentant de la Fédération française de rugby et liquidateur du GIE, rétorque en qualifiant cette position de "manœuvre d'évitement". Selon lui, cette somme représente une garantie contractuelle de Daimani Holding AG, société suisse, pour la vente de services liés à des billets de la compétition. Malheureusement, Daimani France a fait faillite après avoir manqué plusieurs échéances de paiement, ce qui a conduit à des poursuites judiciaires pour escroquerie.
Insolvabilité mise en cause
Comme signalé par L'Equipe, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire permettant à un juge d'examiner les accusations lancées contre Daimani ainsi que ses dirigeants. Selon des documents judiciaires, un préjudice potentiel de 27 millions d'euros aurait été identifié dans cette affaire complexe. Max Müller, ancien responsable de Daimani, s'est défendu contre les accusations d'insolvabilité organisée, affirmant : "Nous sommes déçus, car nous avions un accord d'exclusivité". Il a également soulevé des questions concernant la revente des billets, notant que de nombreux espaces VIP étaient pleins durant les matchs, mais que les tickets n'avaient pas été écoulés par leur société.
Une gestion contestée
La Cour des comptes française a également souligné des "dysfonctionnements" dans l'administration de cet événement, laissant la résolution de ce conflit commercial en suspens. Sur les 20.666 billets que Daimani France devait gérer, il apparaît que 16.000 n'ont pas été vendus par leurs soins, soulevant des doutes sur qui a réellement réussi à remplir ces zones VIP.
Daimani fait état d'une réputation ternie auprès de ses partenaires, mettant en avant des promesses non tenues, notamment en ce qui concerne la restauration lors des matches, un aspect crucial dans un pays réputé pour sa gastronomie.
Avec des ramifications juridiques et commerciales de grande envergure, cette affaire met en lumière des problèmes de gouvernance au sein des instances chargées de l’organisation du Mondial. Les experts estiment que les conséquences de cette dispute pourraient durablement impacter l'image du rugby en France. Alors que le procès se profile, les acteurs impliqués se préparent à une lutte acharnée.







