Ysoufou Traoré, le frère d'Adama Traoré, a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris jeudi dernier, écopant de huit mois de prison aménagés sous bracelet électronique pour outrage et violences à l'égard des policiers. Cette nouvelle décision judiciaire suscite de vives réactions au sein de la famille Traoré.
"Acharnement sur la famille Traoré". C’est ainsi qu’Assa Traoré, célèbre militante et porte-parole du comité pour la vérité et justice pour Adama, a réagi à la condamnation de son frère. Elle souligne l'hostilité systématique de l’appareil judiciaire envers leur famille, qui a déjà été marquée par des événements tragiques. Selon les juges, Ysoufou a été reconnu coupable d'actes violents, corroborés par des vidéos d'incidents, et a également été condamné à verser jusqu'à 1 100 euros de dommages à plusieurs agents de police.
Me Yassine Bouzrou, l’avocat de Ysoufou, a rapidement annoncé son intention de faire appel, qualifiant le jugement de "mascarade judiciaire". Il fait valoir que son client aurait souffert de violences policières lors de son arrestation. Lors de son procès, Ysoufou, contestait fermement les accusations, évoquant une peur légitime du même sort que son frère Adama, décédé après une interpellation en 2016. "Je ne voulais pas aller au sol, car j'ai peur de mourir", a-t-il déclaré au tribunal.
Assa Traoré n’a pas seulement critiqué cette condamnation. Sur les réseaux sociaux, elle a également défendu un jeune dénommé Hamza, interpellé récemment dans un contexte que elle qualifie de violences policières. "Cette police française fait honte à notre pays", a-t-elle écrit, rappelant que le jeune avait été arrêté pour un vol de téléphone, non pour avoir joué avec un pistolet à eau.
Les événements ayant conduit à la condamnation de Ysoufou remontent au 8 juillet 2023, en plein contexte de tensions urbaines après la mort de Nahel à Nanterre. Les autorités avaient interdit une marche en mémoire d'Adama, créant un climat d’exaspération au sein de la communauté.
Le tribunal a établi que Ysoufou avait agressé une commissaire de police et résisté lors de son arrestation près de la gare de l'Est. La famille Traoré, malgré les preuves présentées, continue de percevoir chaque décision judiciaire comme un acte d'acharnement.
Le 4 juillet, la famille organisera une marche en l'honneur d'Adama, accentuant la lutte contre les violences policières. Bien que la justice ait prononcé un non-lieu pour les gendarmes concernés par le décès d'Adama, le nom de Traoré continue de résonner comme un symbole de la demande de justice et de vérité au sein des quartiers populaires français.







