Calme et presque imperturbable, Amado Alves a comparu devant le tribunal correctionnel de Libourne jeudi 28 mai pour des faits grave. Sous l'influence de l'alcool, cet homme a proféré de multiples menaces et insultes à l'encontre de policiers municipaux, notamment lors d'un marché en plein air. L'incident s'est produit sur la place Abel-Surchamp, où il a reconnu un agent en civil et l'a immédiatement insulté.

“Fils de pute”, “je vais te planter”, “je vous baise” : tels étaient quelques-unes des invectives lancées vers le policier. Alors que ce dernier a tenté de garder son calme, Alves s'est approché, créant une situation tendue nécessitant l'intervention de commerçants présents sur les lieux.

Plus tard, un rapport a été fait à la police après qu'une automobiliste ait signalé un homme torse nu sur la chaussée de l'avenue du Maréchal-Foch. À leur arrivée, les policiers ont découvert Alves en état d'ébriété, renchérissant ses attaques, cette fois à caractère raciste. “Avec ta couleur de peau, on va pouvoir refaire la route”, a-t-il dit à l’encontre d'un agent.

Un long passé judiciaire

Amado Alves n'en est pas à sa première incartade avec la justice. Selon la vice-procureure Charline Fine, il accumule plus de 21 mentions à son casier judiciaire, incluant des condamnations pour des menaces de mort, des outrages, et des violences. Sa consommation excessive d'alcool apparaît comme un facteur déclencheur récurrent de tels comportements. “Les policiers n'ont pas à être outragés, ni leurs familles”, a insisté la vice-procureure.

Dans l’enceinte du tribunal, Me Bonnan, avocat des parties civiles, a souligné le climat de terrorisme, créé par les comportements d'Alves. Il a également fait état des craintes des policiers, qui redoutent de le croiser lors de leurs services. Cette tension est corroborée par les agents eux-mêmes qui, selon leurs déclarations, se sentent constamment sur le qui-vive.

Une condamnation ferme

À l'issue des débats, le jugement a rendu son verdict : Alves a été condamné à dix-huit mois de prison ferme avec mandat de dépôt et à une interdiction d'entrer dans la ville de Libourne pour une durée de deux ans. Son avocat, Me Formon, a reconnu que le comportement de son client était difficilement défendable, affirmant que “la seule chose qu'il sait faire, c'est boire”.

Dans la foulée, Rodolphe Guyot, adjoint à la sécurité publique de Libourne, a exprimé sa satisfaction quant à la fermeté de la décision judiciaire, affirmant le soutien indéfectible aux forces de l'ordre face à ces agissements inacceptables. “Nous serons vigilants et fermes sur des questions aussi cruciales que la sécurité des agents”, a-t-il déclaré.