Le Tribunal de Beauvais entame les audiences ce vendredi 29 mai pour le procès d'une femme, Delphine Pinto, 48 ans, accusée d'avoir orchestré le meurtre de son époux, Jean-Christophe Piel, en 2021. Ce dernier, kinésithérapeute de 41 ans résidant à Breuil-le-Vert, a été abattu alors qu'il taillait des roses devant chez lui.
Les faits remontent au 24 août 2021, date à laquelle Jean-Christophe Piel a été abattu d'une balle en pleine tête. Delphine Pinto, en instance de divorce, se serait associée à son amant et à deux complices, dont l'un aurait pu être désigné comme tireur, pour planifier le meurtre. Le procès s'étendra jusqu'au 12 juin et pourrait révéler les rouages d'une affaire choquante.
D'après des informations recueillies par l'AFP, l'enquête a mis en lumière des comportements manipulatoires de la part de Delphine Pinto. Le couple semblait être pris dans un rapport de force, Jean-Christophe étant décrit comme "soumis" tandis que sa femme était qualifiée de "manipulatrice et mythomane".
Une semaine avant son décès, Jean-Christophe Piel avait récemment purgé des accusations de violences sur son épouse, qu'il était séparé depuis plusieurs années. Paradoxalement, sa mort a également mis un terme à des poursuites pour des accusations plus graves, notamment des violences à caractère sexuel sur les enfants de sa première partenaire.
Une femme au passé trouble
Suite à leur interpellation, la majorité des accusés ont choisi de garder le silence ou ont nié toute implication dans le meurtre. Delphine Pinto, bien qu'elle ait exprimé des sentiments de vengeance envers son mari pour, selon ses dires, "protéger" ses enfants, a catégoriquement nié avoir voulu le tuer.
Son avocat, Me Arnaud Ledru, a fait part à l'AFP de ses espoirs d'acquittement, arguant que "de nombreuses investigations n'ont pas été menées" et signalant que les enquêteurs se seraient "arc-boutés sur un scénario préétabli". Selon lui, ce procès met en lumière "la défaillance de notre système judiciaire" face à des affaires aussi graves.
Le passé de Delphine Pinto n'est guère reluisant : condamnée pour des faits d'escroquerie et usurpation d'identité en 2011 et 2012, elle avait notamment prétendu être avocate afin de collecter des fonds pour une opération fictive concernant un de ses enfants.







