Lors de la deuxième journée d'audience aux assises des Alpes-de-Haute-Provence, Laëtitia a livré un témoignage bouleversant. Elle a consacré sept années de sa vie à subir des humiliations, sous le prétexte de pratiques sadomasochistes, infligées par son ancien compagnon, Guillaume B., âgé de 51 ans, actuellement jugé pour viols et actes de barbarie.
"La seule chose que j'avais le droit de dire, c'est encore et plus fort", a-t-elle exprimé, évoquant la relation qui a rapidement dérivé vers une emprise psychologique. Ce mardi 19 mai, elle a minutieusement décrit les violences qu'elle a endurées, le tout dans un contexte où la question du consentement est centrale.
A la barre, cette mère de famille, autrefois préparatrice en pharmacie, a relaté ses premières expériences sexuelles, qui avaient commencé de façon consensuelle mais se sont rapidement transformées en un parcours de souffrances. "Notre première relation sexuelle était normale, mais dès la deuxième fois, il m'a giflée", a-t-elle déclaré, précisant qu'elle n'avait jamais exploré le sadomasochisme avant sa rencontre avec Guillaume B.
L'accusé se défend d'être "un monstre"
Face à des accusations lourdes, Guillaume B. refuse d'être qualifié de "monstre". "Je n'ai jamais forcé Laëtitia à faire quoi que ce soit", clame-t-il, arguant que l'emprise était mutuellement désirée plutôt que subie. La cour prévoit de diffuser des enregistrements qui pourraient éclairer les circonstances entourant sa défense. Les échanges téléphoniques entre le couple, jugés par l'avocat de Laëtitia comme la preuve d'un contrôle sur elle, témoigneront des violences subies.
Laëtitia a également révélé que son compagnon venait la frapper chaque lundi, prenant par la même occasion l'argent gagné lors de relations tarifées avec d'autres hommes. Cette dynamique de domination a également été corroborée par plusieurs témoins, disant avoir observé l'accusé comme un homme "charismatique" mais "impulsif". Ils attestent d'une situation où Laëtitia ne se sentait pas libre, demandant même l'autorisation de boire ou d'utiliser son téléphone.
Un contexte de violence croissante
Le procès dévoile des couches de violence psychologique et physique qui se sont intensifiées au fil du temps. L'ex-épouse de l'accusé, ayant également subi ses abus, a évoqué un homme capable de menacer avec une arme à feu, un geste révélateur d'un contrôle total sur sa vie. Elle a également décrit comment elle devait obéir à des ordres inacceptables, alors qu'un témoin, un voisin, s'est souvenue d'avoir augmenté le volume de sa musique pour couvrir les cris de douleur de Laëtitia.
Dans ce portrait de l'emprise qui a conduit à des souffrances indicibles, Laëtitia cherche enfin à se libérer de cette relation toxique. Le verdict est attendu le vendredi 22 mai, et l'issue de ce procès pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les violences faites aux femmes en France.







