Nestlé est de nouveau sous le feu des critiques. Dans un rapport publié ce mardi 19 mai, des enquêtes menées par Radio France, la RTS et la RTBF mettent en lumière les graves dérives qui ont permis à des laits infantiles potentiellement dangereux de rester sur le marché. Premièrement, ces laits contenaient une toxine céréulide, découverte à la mi-novembre 2025, avant que Nestlé ne procède à un rappel de produits plus de deux semaines plus tard, le 11 décembre.
Malgré l'enjeu pour la santé publique, une absence de signalement a entouré ces retraits. Selon les révélations, l'entreprise aurait tardé à avertir les autorités européennes. « Ils ont laissé des produits risqués sur le marché, affectant potentiellement des familles entières », souligne un expert en sécurité alimentaire contacté par L'Humanité.
Le 26 décembre dernier, la production d'une de ses usines de l'Aisne a été suspendue après que 838 000 pots de produits ont été identifiés comme dépassant les normes réglementaires. Cependant, aucune alerte n'a été donnée aux autorités, créant une atmosphère de mépris vis-à-vis des lois en vigueur, qui exigent une notification immédiate en cas de produits alimentaires dangereux. La réglementation impose que les industriels préviennent « sans délai », ce qui n’a pas été fait.
Des rappels non annoncés
L'enquête révèle également des retraits « silencieux » en Autriche et en Allemagne, sans communication publique. Alors que des tests menés en décembre par l'agence de sécurité alimentaire autrichienne ont détecté la présence de céréulide, aucune annonce officielle n’a été faite. Les autorités allemandes ont été informées, mais les consommateurs n’ont jamais reçu d'alerte sur les risques potentiels.
En réponse, les agences des deux pays ont minimisé le danger, arguant que le « risque sanitaire n’était pas établi ». Pourtant, la Commission européenne stipule qu'un rappel doit être public si un produit dangereux peut avoir été distribué aux consommateurs.
Enquête judiciaire en France
En France, le parquet a déclenché cinq enquêtes pour mise en danger de la vie d’autrui le 30 janvier. Bien que certaines enquêtes n'aient pas établi de lien entre les décès de nourrissons et le lait contaminé, un lien a été confirmé avec la présence de la toxine dans les selles d'un enfant hospitalisé à Montpellier. Ce mardi, l’Assemblée nationale devrait rendre des conclusions sur une mission flash visant à évaluer la responsabilité des multinationales et l'action de l'État dans cette affaire.







