Robert Ménard, le maire de Béziers, a été l'invité de l'émission Tout est politique sur France Télévisions où il a abordé plusieurs sujets d'actualité, notamment la gestion du gouvernement face à l'hantavirus, la flambée des prix du carburant et les marges de manœuvre de l’exécutif. En parallèle, il a discuté de son dernier ouvrage Lettre à Clara, qui traite de ses désaccords politiques avec sa fille.
France Télévisions : Votre dernier livre est captivant, surtout vos réflexions sur vos relations familiales. Avant d'en discuter, quel est votre avis sur la gestion actuelle du gouvernement ?
Robert Ménard : Franchement, je ne suis pas au courant de tous les détails. Tout comme vous, j'apprends au fur et à mesure. Les débuts de la pandémie ont été chaotiques, mais il semble qu'il y ait eu des leçons tirées. Actuellement, je fais confiance au gouvernement, car il n’y a pas de raisons de douter. Néanmoins, il faut tenter de ne pas céder à la panique.
Ont-ils cependant un peu trop tendance à agir ?
La difficulté réside dans le fait que si les autorités n'agissent pas, on les critiquera pour inaction, alors que si elles prennent des mesures, certains affirmeront que la situation est alarmante. C'est un cercle vicieux.
À propos des préoccupations actuelles, que devrait faire le gouvernement concernant les prix du carburant ?
Je suis de l'avis général : réduire les prix de 40 ou 50 centimes le litre serait bien. Mais quelle en serait la facture pour l'État ? Bien entendu, cela engendrera des milliards de dépenses. Ainsi, la question cruciale est de savoir où nous allons économiser. Demander à l'État, qui est en difficulté financière, d'accroître ses dépenses est problématique.
M. Macron pourrait revoir certaines promesses de son premier mandat. Mais en élargissant les dépenses sans ajustements budgétaires, ce n'est pas viable. Cela a été le sujet de nombreuses promesses électorales irréalistes que j'ai entendues récemment.
Étes-vous favorable à une action plus directe contre des géants comme Total ?
Mais qui, selon vous, a mené nos finances à ce point ? Ce sont toujours les mêmes responsables.
Les citoyens souhaitent néanmoins des résultats immédiats et palpables.
On a constaté un changement d'attitude entre la période actuelle et celle des Gilets jaunes. Les concitoyens comprennent que les finances publiques sont tendues et que le financement de « chèques mirifiques » n'est pas une solution à long terme. Cela dit, je ne dis pas que le gouvernement est complètement exempt de responsabilité. Je pense seulement que nous devons agir prudemment.
Il est essentiel de ne pas généraliser. Tous les citoyens n'ont pas les mêmes besoins. Certaines personnes peuvent supporter une hausse légère des prix sans problème, tandis que d'autres pourraient avoir besoin d'un soutien accru. Il conviendrait donc d'élaborer des mesures ciblées pour cette dernière catégorie.
Et qu’en est-il de la proposition de Marine Le Pen de réduire la TVA à 5,5 % sur les carburants ?
Cela semble séduisant, je l'admets. Qui en France serait contre une réduction des prix ? Cependant, la question reste : comment financer cette mesure ? Baisser le prix de l'essence est une proposition populaire, mais le volet des économies nécessaires est souvent omis. C'est ce qui rend le débat très complexe.







