Une véritable course contre la montre est engagée pour repérer tous les cas contact associés au navire de croisière touché par l'hantavirus. Ce bateau, le MV Hondius, doit accoster aux Canaries ce week-end, et chaque pays devra organiser le rapatriement et l'isolement de ses ressortissants.
Dans plusieurs pays européens tels que les Pays-Bas, l'Allemagne ou la Suisse, des hôpitaux sont déjà en train d'accueillir les premiers cas confirmés ou suspectés d'infection. À l'heure actuelle, de nombreuses personnes dans le monde ont été en contact avec des malades. Sur les huit Français concernés, l'un d'eux est en isolement après avoir présenté des symptômes bénins. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a souligné que bien que le risque d'épidémie soit faible, il ne faut rien négliger : "En raison de la période d'incubation de cet hantavirus de six semaines, il est possible que d'autres cas soient rapportés".
Une des priorités pour les autorités sanitaires est de déterminer l'origine de cette contamination et de retrouver le patient zéro. L'enquête se concentre sur un couple néerlandais, premiers passagers du bateau à être tombés malades et décédés en cours de route. Dans ce cadre, l'Argentine a dispatché une mission scientifique à Ushuaïa, le port de départ du navire, bien que l'origine des infections pourrait s'étendre sur un territoire bien plus large incluant des visites en Argentine, au Chili et en Uruguay.
Quelle prise en charge des personnes exposées au virus ?
Alors que les efforts pour contrer l'hantavirus prennent forme, le navire MV Hondius navigue actuellement vers les îles Canaries, prévu pour atteindre l'archipel ce samedi. La tension est palpable sur place ; des travailleurs portuaires inquiets menacent de faire grève si le bateau accoste. Le président régional, Fernando Clavijo, assure que "la bonne nouvelle, c'est que le bateau n'accostera pas au port, il restera au large".
Si d'autres passagers développent des symptômes d'hantavirus d'ici samedi, ils seront pris en charge dans un hôpital de Tenerife. Les personnes en bonne santé devraient retourner dans leur pays d'origine par des vols spécialement organisés via l'aéroport de Tenerife Sud. "Cet aéroport se trouve à 10 minutes en voiture du port. Le transit sera effectué sous haute surveillance, et un dispositif spécial sera établi pour éviter tout contact avec la population locale", précise Justine Wild, correspondante à Tenerife.
Mais comment gérer la surveillance des personnes potentiellement exposées au virus ? L'infectiologue Benjamin Rossi souligne l'importance d'une vigilance sur le long terme : "Nous vérifions que l'individu ne développe pas de symptômes pendant les six prochaines semaines. S'il ne présente aucun signe, il sera considéré comme indemne et les mesures de surveillance seront levées". A ce jour, les autorités françaises n'ont pas encore annoncé les mesures à mettre en œuvre pour les passagers français présents à bord.







