Un tribunal correctionnel de Paris a rendu jugement mercredi contre un réseau de faux conseillers bancaires, infligeant des peines d'emprisonnement allant jusqu'à six ans à plusieurs membres d'un groupe qui a fraudé des victimes, souvent âgées. Ce coup de filet a mis au jour des pratiques de manipulation d'une efficacité alarmante.
Les escrocs, connu sous le nom de faux conseillers bancaires, ont réussi à soutirer plus de 740 000 euros à environ une centaine de victimes. Au cœur du système, Mounir Outachfine, surnommé « Padrino », a été condamné à la peine la plus sévère de six ans de prison ainsi qu'à une amende de 100 000 euros, tandis qu’un mandat d’arrêt a été émis à son encontre, le chef de file ayant dirigé ses opérations via Telegram depuis le Maroc.
Huit autres membres du réseau ont également été reconnues coupables d’escroquerie en bande organisée, recevant des peines variant de six mois à quatre ans. Ces individus, occupant divers rôles au sein du réseau, ont été décisifs pour le fonctionnement de cette fraude sophistiquée.
Mode opératoire rodé
Guillaume Daieff, président du tribunal, a insisté sur le caractère bien huilé de l'escroquerie. Les victimes étaient contactées par SMS, prétendant qu’un achat suspect avait été effectué avec leur carte. Lorsqu'elles appelaient le numéro indiqué, elles s'engageaient dans une conversation avec un faux agent du service des fraudes. Ce dernier se révélait particulièrement persuasif, obligeant ses interlocuteurs à détruire leurs cartes bancaires tout en leur extorquant des informations sensibles.
Joëlle Dudal, une retraitée ayant perdu 4 100 euros, exprime son désenchantement : « Je me sens désabusée, mais pas déçue. Mais qui va payer ? » Cette question souligne l'inquiétude générale concernant la responsabilité des banques, qui restent à prouver leur solvabilité face aux escroqueries.
Coursier à domicile
Souvent, ces fraudes se produisaient à des heures où les banques étaient fermées, ce qui empêchait les victimes de contacter leur établissement pour valider l’information. Pendant ce temps, un faux coursier se rendait à domicile pour retirer les cartes envoyées dans des enveloppes. Selon les investigations, 148 incidents du même type ont été comptabilisés en l’espace d’une année.
Conformément au Code monétaire et financier, les banques sont tenues de rembourser leurs clients pour des opérations non autorisées, mais souvent, les victimes, ayant partagé leurs codes sans menace physique, se heurtent à un manque d’assistance de la part des établissements concernés.
En janvier, une autre affaire similaire avait conduit à la condamnation de deux hommes à des peines de trois ans de prison ferme pour avoir dérobé près de 110 000 euros à 23 particuliers, soulignant que ce type d'escroquerie demeure une menace insidieuse dans notre société.







