Les avocats de Willy Bardon, condamné à 30 ans de réclusion pour le meurtre, le viol et la séquestration d’Élodie Kulik en 2002, annoncent une nouvelle demande de révision de son procès. Cette annonce a été faite lors d'une conférence de presse tenue à Paris ce mardi.
L'affaire Élodie Kulik, tristement célèbre et marquante dans l'actualité criminelle française, refait surface. Près de 24 ans après les faits tragiques qui se sont déroulés le 11 janvier 2002 près de Péronne, dans la Somme, et après le procès en appel de 2018, les avocats de Bardon affirment vouloir explorer de nouvelles voies judiciaires.
En 2021, l'homme a été reconnu coupable en appel et condamné pour l'enlèvement, la séquestration suivie de mort, le viol et le meurtre d’Élodie Kulik, une employée de banque âgée de 24 ans. Les avocats ont en effet déposé une requête auprès du procureur d'Amiens pour effectuer des « actes préalables nécessaires à une demande en révision », espérant donner un nouveau tournant à cette affaire qui a suscité de nombreuses interrogations au fil des années.
Passé par plusieurs recours juridiques depuis sa condamnation, Willy Bardon avait vu sa demande d'annulation rejetée tant par la Cour de cassation en 2022 que par la Cour Européenne des Droits de l'Homme en 2023. Cependant, l'appel à la révision témoigne de sa volonté de prouver son innocence, un point qu'il répète depuis le début du procès.
Cette affaire a été marquée par une enquête complexe, impliquant dix-huit enquêteurs qui ont examiné plus de 700 pistes et réalisé 5.400 analyses ADN. Le premier suspect identifié, Grégory Wiart, mort dans un accident avant d'être interpellé, a également jeté un voile de mystère sur cette affaire. Finalement, c'est grâce à un enregistrement sonore d'un appel au secours passé par Kulik que la voix de Bardon a été reconnue par des proches.
L'ancien condamné clame son innocence. Lors du procès en première instance en 2019, il a été reconnu coupable d’enlèvement et de séquestration suivie de mort, mais acquitté du meurtre. À l’annonce du verdict, il avait tenté de mettre fin à ses jours en ingurgitant un pesticide, une réaction tragique qui prouve l'ampleur de la pression pesant sur lui.
Alors que cette affaire continue d’alimenter les discussions, notamment parmi les experts en criminologie et les avocats de la défense, il est encore trop tôt pour dire si cette nouvelle demande de révision sera acceptée ou non. Le débat sur la justice et la révision des procès reste plus que jamais d’actualité.







