Cette entente, signée l'été dernier entre Ursula von der Leyen et Donald Trump, avait permis à l'UE de limiter les droits de douane à 15 % sur la majorité de ses produits, s'éloignant ainsi de la menace initiale de 30 % formulée par le président américain.
Bien qu'attendue, cette décision avait été accueillie avec fracas au sein du Parlement européen, certains y voyant une "capitulation" de l'Europe face aux exigences de Trump. En France, le Premier ministre de l'époque, François Bayrou, avait même qualifié ce jour de "moment sombre" pour l'Europe.
Accord suspendu après les menaces concernant le Groenland
Au fil des mois, les groupes parlementaires, qui au départ s'opposaient fermement à l'accord, avaient fini par réévaluer leur position. En janvier, cependant, le processus avait été ajourné suite aux menaces de Trump sur le Groenland, avant d'être relancé après son abandon de l'annexion du territoire danois.
La Commission du commerce international au Parlement européen devait ainsi statuer sur l’application de l’accord, permettant une baisse mutuelle des droits de douane sur les produits américains exportés vers l'UE. Ce vote était prévu pour mars, mais tout est désormais remis en question.
Réunion extraordinaire à l'horizon
La décision de la Cour suprême est perçue comme un "signal positif pour l'État de droit" selon l'eurodéputé allemand Bernd Lange (social-démocrate), chef influent de la commission de commerce.
"L'arbitraire des politiques douanières de Trump a été mis en lumière,"a-t-il déclaré, annonçant une "réunion extraordinaire" pour discuter des implications de cette décision sur le calendrier des votes à venir.
Pour Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, il est essentiel d'obtenir des clarifications de l'administration américaine sur les mesures futures. Bien que la décision représente un revers pour Trump, celui-ci dispose encore d'outils pour influencer le commerce international.
Une prudence omniprésente chez les eurodéputés
Les eurodéputés adoptent une posture prudente. Dirk Gotink (PPE) a exprimé que la décision est positive pour les économies américaine et mondiale, mais a souligné l'importance d'analyser les conséquences sur le long terme.
"Il ne faut pas se précipiter,"a-t-il averti.
Les membres du groupe centre-gauche partagent cette prudence, rappelant que les droits de douane en question avaient été jugés illégaux. Kathleen van Brempt, vice-présidente de la commission, a affirmé qu'il était prématuré de tirer des conclusions sur l'accord UE-États-Unis, d'autant que le vote final n'est prévu qu'en mars. La pression augmente, notamment pour les eurodéputés écologistes, qui demandent la suspension de l'accord.







