Les métiers de la propreté ont du mal à attirer les postulants, et pourtant, ils offrent des opportunités professionnelles intéressantes. Décryptage des enjeux pour un secteur clé, indispensable à l’économie d’Indre-et-Loire.
« Sans nettoyage, il n’y a pas d’activités. » Cette évidence, parfois négligée, s'applique à de nombreux domaines : des écoles aux bureaux, des usines aux établissements médicaux. Au quotidien, des milliers de professionnels de la propreté assurent la salubrité de nos espaces, souvent à des horaires peu visibles, ce qui contribue à leur invisibilité.
En Centre-Val de Loire, le secteur emploie plus de 20 000 personnes réparties sur 460 entreprises, tandis qu'à l'échelle nationale, on compte environ 600 000 employés répartis au sein de 17 800 structures. Plus précisément, en Indre-et-Loire, 125 entreprises emploient 4 400 personnes.
« Dans notre secteur, l’ascenseur social fonctionne »
Une étude de la Fédération nationale des entreprises de la propreté (FEP) révèle que 96 % des Français estiment que la propreté est essentielle dans les lieux publics. Cet aspect est particulièrement crucial dans le milieu professionnel, où 74 % des personnes interrogées le placent comme leur principale préoccupation, loin devant d'autres critères comme la luminosité ou le niveau sonore.
Des salaires revalorisés
Malgré l'importance du secteur, le recrutement reste un défi. « Nous souffrons d’une mauvaise image, alors que nos métiers ont beaucoup évolué, surtout depuis la pandémie, » admet Frédéric Voisin, directeur régional d'Onet. Les salaires ont connu une augmentation significative de 17 % entre 2022 et 2025, débutant à 4,5 % au-dessus du Smic. En outre, les opportunités de progression sont bien réelles et accessibles.
Cependant, le secteur peine à séduire les jeunes générations, compliquant la situation face à une vague imminente de départs à la retraite. Entre 20 000 et 30 000 postes sont régulièrement vacants. « Sans les travailleurs étrangers, une grande partie de la propreté en France ne serait pas assurée, » souligne Frédéric Voisin. Il partage cette vue avec Fabien Héliou, président d’AMS Propreté, qui affirme avoir des employés issus de 90 nationalités à Monts.
Renouveler l'image du travail de jour
Pour contrer cette image négative, les entreprises s’efforcent de promouvoir des chantiers tels que le FARE Propreté, un fonds qui soutient les transformations dans le secteur. L'un des objectifs est de faciliter l'adoption d'horaires de travail diurnes, une pratique courante dans d'autres pays européens. « Nous conseillons nos clients sur la faisabilité d’un nettoyage durant la journée, » précise Frédéric Voisin.
Technologie au service de la propreté
En envisageant une modernisation des tâches, certaines entreprises exploitent des technologies avancées, comme l'utilisation de drones pour le nettoyage de vitres en hauteur, réduisant ainsi les risques liés aux nacelles. « La sécurité et l'ergonomie sont prioritaires, et nous nous engageons à fournir des équipements modernes et adaptés, » conclut Frédéric Voisin.
Pour attirer les jeunes, les employeurs comptent également sur l'innovation technologique pour rendre les tâches moins pénibles. Bien que 82 % des agents soient en CDI, la majorité d'entre eux travaillent pour plusieurs employeurs, rendant la fidélisation plus complexe. Il est essentiel pour le secteur de trouver des solutions attrayantes pour séduire de nouveaux talents.







