La dernière décennie a été marquée par une explosion du nombre de milliardaires à l'échelle mondiale. En 2025, le total a franchi le seuil des 3.000, une hausse fulgurante que l'on n'avait pas constatée depuis l'an 2000. Selon un rapport d'Oxfam, en seulement cinq ans depuis la pandémie de Covid-19, nous avons assisté à une augmentation de plus de 50 % du nombre de ces super-riches, contre une décennie nécessaire pour passer de 1.000 à 2.000.
Cette ascension incroyable ne se limite pas au nombre; la richesse cumulée des milliardaires a également explosé. Entre 2019 et 2025, leur fortune globale a doublé, atteignant des niveaux jamais vus auparavant. Par exemple, l'homme le plus riche du monde en 2015, Bill Gates, avait 80 milliards de dollars. En 2025, Elon Musk trône avec une fortune estimée entre 600 et 700 milliards de dollars, illustrant parfaitement cette tendance vertigineuse.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la fortune des milliardaires a crû à un rythme d'environ 6 à 8 % par an, contre seulement 3 à 3,5 % pour le PIB mondial. Oxfam souligne que la croissance de la richesse des milliardaires, notamment entre 2020 et 2025, a dépassé celle des populations les plus pauvres.
Un parallèle intéressant se dessine en France, où 53 milliardaires détiennent une richesse supérieure à celle de la moitié de la population la plus pauvre. Ce déséquilibre croissant soulève des interrogations sur la distribution de la richesse et les conséquences sociales qui en découlent.
Les experts s'accordent à dire que si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une intensification des inégalités économiques. Pierre Rosanvallon, historien et professeur au Collège de France, avertit : "Les milliardaires ne sont pas seulement des acteurs économiques; ils transforment également le paysage politique et social. En période de crise, leur influence peut devenir démesurée, nuisant à la démocratie".
À travers le monde, le fossé entre les plus riches et les plus pauvres se creuse, posant ainsi un réel défi aux gouvernants. La question demeure : comment ces écarts peuvent-ils être comblés pour assurer une société plus juste ?







