Dans un contexte marqué par l'exaspération croissante des agriculteurs face à l'accord de libre-échange UE-Mercosur, le gouvernement a annoncé, vendredi soir, une série de mesures jugées "justes" pour le secteur agricole. Bien que ces initiatives visent à apaiser les tensions, elles ne répondent pas complètement aux revendications des syndicats agricoles, qui ont récemment intensifié leurs manifestations, notamment à Paris.
Parmi les décisions clés, le doublement du fonds d'aide aux éleveurs touchés par la dermatoses bovine, désormais porté à 22 millions d'euros, et l'augmentation des tirs autorisés contre les loups ciblant les troupeaux ont été mises en avant. Ces mesures font partie d'un "paquet de 300 millions d'euros" qui inclut également d'autres aides pour les engrais et l'hydraulique. Cependant, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a annoncé que la mise en œuvre de ces mesures dépendrait de l'approbation du budget gouvernemental.
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a évoqué la possibilité de réviser le protocole d'abattage total pour les troupeaux affectés par la maladie, sous certaines conditions, incluant un avis scientifique sur la vaccination. Cette annonce a suscité des réactions mitigées de la part de la Coordination Rurale et de la Confédération paysanne, qui plaident pour l'arrêt de l'abattage total.
Les manifestations, qui vendredi dernier ont débouché sur une cinquantaine d'actions dans 31 départements, reflètent un ras-le-bol général. Les agriculteurs ont procédé à des blocages d'infrastructures, soulevant des préoccupations sur la compétitivité face à la libéralisation des échanges avec le Mercosur. "C'est une descente aux enfers, les produits d'importation sont souvent moins chers et fabriqués selon des normes que nous interdisons ici", a déclaré Jean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes, lors d'une récente déclaration.
Au cœur de cette crise, la question de l'abandon de l'accord de libre-échange UE-Mercosur continue d'alimenter des débats houleux. La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont appelé à organiser une manifestation devant le Parlement européen le 20 janvier prochain pour faire entendre leur voix.
Les tensions se sont intensifiées avec des actions symboliques, comme l'opération escargot menée par la Confédération paysanne à Paris, qui a conduit à l'interpellation de deux de ses porte-parole. "Il est inadmissible que notre organisation subisse cette répression", a déclaré un représentant de la Confédération, en exprimant leur indignation face à la situation actuelle.
Finalement, malgré des concessions limitées, le gouvernement est averti que sans un véritable dialogue avec les agriculteurs, la tension risque de persister. Comme l'a affirmé Genevard, "les positions françaises influencent l'Europe, et nous devons continuer à travailler ensemble pour garantir un avenir durable et équitable pour tous les agriculteurs".







