Ce week-end s'annonce "compliqué". Interrogée par BFMTV, Stéphanie Rist a précisé que la canicule entraîne déjà une "hausse des passages aux urgences" et des sollicitations au Samu. Les prévisions indiquent une aggravation de la situation à l'approche du week-end.
La ministre a déclaré : "On sait que l'impact de la canicule se ressent entre 5 à 10 jours après le début de l'épisode, car chaque jour de chaleur intense rend la récupération difficile pour l'organisme."
D'après les données recueillies par BFMTV, les établissements de santé parisiens ont enregistré une augmentation quadruple des admissions liées à la chaleur aux urgences, ainsi qu'une hausse similaire des appels médicaux au cours des dernières 24 heures. À Paris, 25 arrêts cardiaques ont été constatés, un chiffre effrayant comparé à la moyenne habituelle de moins de 10.
Au sein de l'hôpital Cochin, les équipes médicales s'organisent pour faire face à l'afflux croissant de patients en déprogrammant certaines hospitalisations afin de libérer des lits. Pendant ce temps, à l’hôpital Saint-Antoine, le logiciel Carestream, utilisé pour l'analyse des radiographies, est tombé en panne. Les médecins sont contraints de recourir aux documents papier.
Au Samu de Paris, le débit d'appels a littéralement explosé, passant de 1.000 à 3.000 appels quotidiens. Un membre du Samu rapporte que « des courriels incessants sont envoyés dans le but de recruter des volontaires pour des gardes supplémentaires ». La direction des hôpitaux parisiens a rappelé à ses équipes l'importance de préserver des vies face à cette chaleur extrême.
« Éviter à tout prix des décès liés à la chaleur ».
Néanmoins, les ressources sont limitées. L'AP-HP a mis en place la distribution de brumisateurs et de blouses légères pour ses soignants. Bien qu'ils aient investi dans de nombreux ventilateurs l'été dernier, ces efforts semblent, selon les syndicats, totalement insuffisants. De plus, les recommandations envoyées par courriel pour atténuer la chaleur, comme de "ouvrir les fenêtres", se heurtent à la réalité, puisque toutes les fenêtres des hôpitaux sont équipées de dispositifs anti-suicide, les rendant presque impossibles à ouvrir.
6 milliards d'euros pour reconstruire les hôpitaux
Les besoins en rénovation des établissements de santé en France sont gigantesques. Malgré que 40% d'entre eux aient déjà été réhabilités depuis 2003, la ministre Stéphanie Rist a annoncé un investissement de six milliards d'euros sur dix ans pour la reconstruction des hôpitaux.
Ce budget sera-t-il à la hauteur des défis ? Un responsable d'un hôpital parisien a émis des doutes, notant que rien que l'isolation d'un bâtiment pourrait coûter jusqu'à 10 millions d'euros, sans compter la climatisation.
Accusé d'un manque d'anticipation face à la crise climatique, le Premier ministre a adressé une lettre aux maires pour rectifier les accusions sur son incapacité à gérer la canicule.
« Dans le cadre du plan hospitalier de 6 milliards d'euros prévu entre 2026 et 2035, la part consacrée aux rénovations énergétiques sera doublée, atteignant 600 millions d'euros », a confirmé Sébastien Lecornu, soutenant les déclarations de Stéphanie Rist sur l'augmentation des investissements liés à la crise climatique.
En attendant que ces chantiers soient achevés, les conditions restent critiques ; comme le souligne une jeune médecin, "37 degrés dans les chambres des patients" sont monnaie courante, ce qui a conduit certains à la réanimation après des coups de chaleur.
Pour pallier le manque de personnel, des étudiants en médecine sont régulièrement réquisitionnés. De plus, des "Cool Teams" ont été créées pour assister les patients face aux effets accablants de cette canicule.







