"C'est insoutenable", s'exclame Natacha Chopin devant l'usine Stellantis de Hordain, dans le Nord. Comme elle, de nombreux ouvriers de l'industrie automobile doivent composer avec des températures extrêmes alors que la production ne faiblit pas. Entre midi et 13 heures, l'entrée de l'usine devient une fourmilière où les équipes se croisent : les salariés du matin terminent leur journée tandis que ceux de l'après-midi prennent le relais.
"Ça va?" interroge une salariée à l'autre. "Il fait chaud!", répond-elle, visiblement éprouvée par la canicule. Le département du Nord, qui a été placé en alerte rouge canicule, s'attend à des températures dépassant 39 degrés, selon Météo-France. Natacha, qui travaille dans la zone de ferrage chez Stellantis, doit composer avec des équipements de sécurité, tout en ressentant la montée de la chaleur.
La direction a ajouté une pause de 10 minutes pour le confort des ouvriers et distribue deux bouteilles d'eau par jour. Pourtant, pour elle, cela reste insuffisant : "C'est vraiment difficile, mais on n'a pas le choix. La production est la priorité, même si on est épuisés".
"Il y a des malaises, des gens vomissent", témoigne Cédric Van den Broucke, un tôlier de 53 ans, confirmant la détresse ressentie par ses collègues.
Ils doivent faire face à une chaleur si intense que le ressenti tape à quatre ou cinq degrés de plus à cause de la réflexion sur le métal. "Nous avons eu quatre malaises depuis le début de la canicule", explique Franck Thery, représentant CGT sur le site. Les syndicats empathisent avec la souffrance des travailleurs, incitant à l'exercice du droit de retrait si la situation devient insupportable.
Des mesures insuffisantes face à des conditions extrêmes
Tandis que d'autres usines comme Toyota et Renault parlent de dispositifs similaires pour atténuer les effets de la chaleur, certains travailleurs estiment ces mesures insuffisantes. Vincent Delmotte, un employé chez Renault, décrit son environnement : "C'est huileux, poussiéreux, et avec la température actuelle, c'est très difficile".
"On suffoque, on ressent des vagues de chaud", résume son collègue Nordine El Kaouri, agent de production. "On est toujours en mode production, sans réelles pauses pour souffler".
Les dirigeants de Toyota affirment que la santé des salariés est une priorité, mais insistent sur la nécessité de maintenir la production pour satisfaire les clients. Cela crée un parallélisme difficile à gérer pour les ouvriers qui, malgré des conseils de santé, ne voient pas d'alternatives viables au travail dans ces conditions.
Des désaccords émergent parmi les syndicats quant à la gestion de la production et la nécessité de préserver la santé des travailleurs. Thomas Mercier, du CSE à Toyota, souligne que les employés veulent maintenir un équilibre entre production et santé.







