Le projet de rachat de SFR par un consortium composé de Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, évalué à plus de 20 milliards d'euros, est qualifié de "ne va pas de soi" par le président de l'Autorité de la concurrence, Benoit Coeuré, dans une interview accordée au journal Le Monde.
Benoit Coeuré souligne la complexité du rapprochement sur un marché déjà très concentré. Il précise : "Si nous avions considéré que le passage de quatre à trois opérateurs était intrinsèquement anticoncurrentiel, nous l’aurions déclaré". Ces remarques soulignent les risques potentiels pour la concurrence sur le marché français.
Le consortium a récemment signé un protocole d'accord avec Altice France, la société mère de SFR, après plusieurs mois de discussions. Les négociateurs ont convenu de partager les activités de SFR en parts inégales, avec un investissement minimum prévu de 20,35 milliards d'euros.
Avant d'aller de l'avant, cette transaction doit obtenir l'approbation des autorités de la concurrence, même si la compétence pour examiner le dossier n'est pas encore clarifiée. Bouygues et Orange se tourneront vers l'autorité française, tandis qu'Iliad déposera son dossier à Bruxelles, compte tenu de son ampleur internationale.
"Nous n'avons reçu aucune demande à ce jour, donc nous ne savons rien des détails de ce projet", a nuancé M. Coeuré. Les opérateurs concernés semblent préférer un traitement sous l'égide de l'autorité française.
Le président de l'Autorité a également évoqué une inquiétude croissante quant à la possibilité d'une augmentation des tarifs résultant de ce rapprochement. Cette situation ramené à des précédents historiques, rappelle que les trois principales compagnies de télécommunications en France avaient été sanctionnées pour entente illicite en 2005.







