Marion Maréchal, députée européenne et présidente d'Identité Libertés, s'est exprimée récemment sur l'émission "Tout est politique" au sujet de la protection des mineurs contre les violences sexuelles. Elle insiste sur la nécessité d'adopter un modèle similaire à celui du Royaume-Uni, permettant à tout citoyen de consulter les dossiers des personnes qui s'occupent d'enfants, comme les babysitters ou animatrices.
Franceinfo : Vous proposez une mesure permettant aux citoyens d'accéder aux dossiers des garderies. Comment cela fonctionnerait-il ?
Marion Maréchal : C'est une initiative parmi d'autres. Actuellement, la France dispose d'un fichier de délinquants sexuels, mais celui-ci est incomplet. Beaucoup de délinquants condamnés à moins de cinq ans de prison ne figurent pas dans ce registre, rendant difficile la vérification des antécédents. Par exemple, un référent en éducation sexuelle, condamné pour possession d'images pédopornographiques, n'était pas présent dans les fichiers parce que sa peine était inférieure à cinq ans. Cela montre le besoin crucial d'une visibilité accrue concernant les antécédents des individus approchant des enfants.
Il est primordial de permettre aux citoyens de lever des doutes sur toute personne en contact avec les enfants, non seulement pour prévenir la récidive, mais aussi pour apaiser les inquiétudes parentales, comme le tragique cas de Lyhanna, qui a suscité une forte angoisse parmi les familles.
La réaction de Sébastien Lecornu a également retenu notre attention. Que pensez-vous de ses propositions ?
Il propose notamment de porter la peine maximale pour les crimes sexuels sur mineurs de 20 ans à la perpétuité. Bien que je sois en accord avec le fond, je crains que cela ne soit qu'une réaction politique à chaud, souvent vue après des drames. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait précédemment recommandé de libérer des détenus pour éviter la surpopulation carcérale. Comment peut-on prôner aujourd'hui des peines plus sévères tout en ayant amorcé une politique de libération anticipée ? Cela n’aurait certainement pas évité la tragédie de Lyhanna.
Il est évident qu'un prédateur condamné doit purger sa peine derrière les barreaux, mais nous devons également réfléchir à la cohérence et à l'efficacité des politiques mises en place pour protéger nos enfants.
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