À Longuenesse, une boulangerie a été contrainte de fermer ses portes pour dix jours après avoir employé un jeune boulanger tunisien dont le visa avait expiré. Son patron, qui défend son choix, considère la sanction excessive.
Le mardi 9 juin, la boulangerie The Good Place à Longuenesse (Pas-de-Calais) a dû fermer sur ordre de la sous-préfète de Saint-Omer en raison d'une infraction à la réglementation du travail. Cette décision fait suite à l'embauche d'un jeune Tunisien de 23 ans, dont le titre de séjour n'était plus valide. Cette affaire a émergé suite à un contrôle de l'inspection du travail réalisé au printemps 2025. ”Tout juste une semaine après l'expiration de son visa, on m'a demandé de le licencier, mais j'ai refusé”, affirme le gérant, Nicolas Chabé, à La Voix du Nord.
Nicolas Chabé, qui se décrit comme “un peu rebelle”, défend sa décision : “Cela fait presque une décennie qu’il vit en France, il est parfaitement intégré et a obtenu son diplôme de boulanger. C'est un jeune homme respecté parmi ses collègues.” Embauché en CDI depuis 18 mois, le jeune homme, selon Chabé, travaillait dans des conditions déclarées. “Mohamed avait un contrat solide et j'ai toujours réglé les charges afférentes à son salaire.”
Le jeune Tunisien reçoit une obligation de quitter le territoire français
Cependant, le refus de mettre fin au contrat a engendré des conséquences plus sévères. Le 18 avril dernier, le patron et son salarié ont été placés en garde à vue. Suite à cela, le jeune Tunisien a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et doit maintenant se devoir se présenter régulièrement au commissariat. En conséquence, Nicolas Chabé a été contraint de le licencier et a hérité d'une fermeture administrative de dix jours.
Pour Chabé, la décision des autorités est démesurée. Il dénonce également le traitement réservé à son ancien employé, qu'il considère davantage comme un citoyen que comme un délinquant.







