Dans un récent rapport, la Cour des comptes a fixé un objectif ambitieux pour les futurs candidats à la présidentielle : trouver 10 milliards d'euros chaque année afin d'assainir les finances de la Sécurité sociale d'ici 2030. Selon cette instance, des mesures controversées pourraient être inévitables pour y parvenir.
« Il est essentiel de mettre en place, dès à présent, un plan d'action », a déclaré Bernard Lejeune, président de la sixième chambre de la Cour, lors d'une conférence de presse. Le rapport souligne la nécessité de dégager 6 milliards d'euros de plus par an, en sus des 4 milliards d'économies déjà prévus par le gouvernement.
Un déficit alarmant
Le déficit de la Sécurité sociale, qui a atteint 21,6 milliards d'euros en 2025, est jugé « insoutenable » par la Cour. Ce chiffre est le plus élevé depuis 2012, excluant les années marquées par la pandémie de Covid-19. Alors que la loi de financement de la Sécurité sociale espère ramener ce déficit à 19,4 milliards d'euros en 2026, il devrait rester au-dessus de 20 milliards les années suivantes.»
« Les prévisions n’intègrent pas les impacts négatifs prévisibles liés à la guerre au Moyen-Orient, qui pourrait dégrader le solde de 3 à 5 milliards pour les années à venir », précise Lejeune.
Des pistes de réformes audacieuses
Pour restaurer l'équilibre d'ici 2030, la Cour évoque plusieurs réformes, telles qu'une maîtrise des dépenses d'Assurance maladie et une révision des systèmes de retraite. Il est suggéré d'augmenter les recettes en touchant aux niches fiscales et en ciblant mieux les allégements fiscaux.
Les propositions, qui incluent des mesures impopulaires, visent à stopper l'escalade de la dette. Parmi ces mesures, la Cour préconise d'élargir le champ des franchises médicales, ce qui pourrait rapporter 600 millions d'euros.
Le défi des abus
La Cour des comptes a aussi souligné des « dérives » au sein de certains cabinets médicaux, incluant des pratiques de facturation douteuses et le refus de soin pour les patients considérés comme moins rentables. Pour pallier cette situation, il devient impératif de garantir que les soins prodigués soient justifiés et rationnels, selon la Cour.
Pour réduire les coûts des transports sanitaires, qui totalisent 6,15 milliards d'euros en 2024, elle recommande également de limiter le choix du transporteur par les patients.
En conclusion
Le rapport de la Cour des comptes pose donc un défi crucial pour les décideurs et souligne l'urgence d'une réponse politique adéquate pour maintenir l'équilibre économique de la Sécurité sociale. La nécessité d'un consensus national sur ces réformes pourrait bien devenir une question centrale dans la campagne présidentielle qui s'annonce.







