Lors d'une intervention jeudi sur France 2, Jean-Philippe Tanguy a vivement critiqué la nomination d'Emmanuel Moulin à la Banque de France, la qualifiant de stratégie destinée à verrouiller les institutions avant la prochaine élection présidentielle. Il a rappelé que malgré un vote défavorable de 54% des parlementaires, Emmanuel Moulin a été désigné, alors qu'une majorité de trois cinquièmes était nécessaire pour bloquer son ascension.
"On a eu la Cour des comptes où madame [Amélie] de Montchalin, proche d'Emmanuel Macron, a été nommée. Et maintenant la Banque de France, qui joue un rôle crucial pour les entreprises et les ménages", a déclaré Tanguy.
Ancien directeur du Trésor, Emmanuel Moulin se voit reprocher par Tanguy d'avoir contribué à des prévisions budgétaires erronées, entraînant un déficit de l'État estimé entre 40 et 60 milliards d'euros pour les années 2022 à 2024. Selon le député de la Somme, ces erreurs ont provoqué "les pires déficits de la Cinquième République hors crise".
Un rôle clé à Francfort
Tanguy a aussi souligné les conséquences européennes de cette nomination, affirmant que "la voix de la France à Francfort" sera celle d'un proche d'Emmanuel Macron. Cette situation soulève des inquiétudes quant à l’intégration des politiques monétaires de l'UE et leur impact sur l'économie française.
"Quand vous êtes mis en minorité au Parlement, la moindre des choses, ce serait de partir", a-t-il ajouté, soulevant des questions d'éthique publique.
En dépit des réserves exprimées, Tanguy reconnait que la procédure constitutionnelle a été respectée. Cependant, il a insisté sur l'importance d'une politique économique indépendante, notamment face aux normes européennes, soulignant ainsi les ambitions du RN de renégocier ces régulations.
Pour aller plus loin, le débat sur la nomination d'Emmanuel Moulin continue d'alimenter les discussions au sein des institutions, illustrant les tensions persistant entre le gouvernement et le Parlement.







