La foire de la Saint-Victor, emblème d'une passion gasconne pour le magret qui se perpétue depuis près de cinquante ans, attire chaque année des milliers de visiteurs à Saramon, dans le Gers. Entre folklore et convivialité, cette célébration met en lumière une tradition gastronomique unique : le fameux championnat du monde du plus gros mangeur de canard.
Des marchés ancestraux aux célébrations culinaires
Pour comprendre la genèse de cet événement, remontons à 1976. Cette année-là, Saramon célèbre le millénaire de ses festivités de la Saint-Victor, en hommage à ses saints patrons du IIIe siècle. À cette occasion, les habitants souhaitent raviver une tradition disparue, celle des marchés du mardi, où l’on vendait des produits locaux. Francis Cavasin, président du comité des fêtes, explique : "Il était essentiel de ramener cette ambiance festive à Saramon, alors nous avons mis en place une foire dédiée au magret."
Au départ, les moyens sont limités, mais l’idée de mettre le magret à l’honneur prend vite de l’ampleur, surtout dans le Gers, où le canard gras est un pilier de la gastronomie locale. "Nous sommes fiers de notre savoir-faire en matière de canard", souligne Cavasin.
Une odeur alléchante au cœur des festivités
Chaque année, au moment de la fête, la place du village se transforme en un véritable festin. Les tables sont dressées et la musique résonne alors que des centaines de kilos de magrets sont grillés. De midi à minuit, près d’un millier de pièces se succèdent sur les braises, servies simplement, souvent accompagnées d’un verre de Madiran. L’ambiance est chaleureuse et amicale, où chacun partage un moment de convivialité.
Le concours : un hommage à la gastronomie locale
Introduit en 1982, le championnat du monde des mangeurs de magrets ajoute une dimension ludique à la fête. Le concept est simple : les concurrents doivent ingurgiter le plus de viande possible en seulement cinq minutes, avec des couverts en carton pour corser l’épreuve. "Il est important de comprendre que ce concours est avant tout une célébration, pas une compétition sérieuse", précise Cavasin. Une manière humoristique de rendre hommage à une culture gastronomique riche et ancrée.
Une tradition qui perdure
En 2023, le concours célèbre 44 années d'existence. Cet événement, qui rassemble des participants et des spectateurs de toute la région et au-delà, est soutenu par des bénévoles dévoués. Cavasin exprime sa gratitude envers ceux qui ont contribué à cette réussite. "Je suis comblé de voir que cette fête perdure, elle fait partie de notre identité."
Les mots d’une supportrice résument bien l’ambiance : "Cachez vos magrets, le renard est lâché !" Une phrase qui rappelle l’esprit festif qui règne à Saramon chaque année, transformant la petite ville en un haut lieu de la tradition et de la gastronomie gasconne.







