Environ 80 auxiliaires de vie de Valloires Domicile, qui œuvrent dans le Ponthieu-Marquenterre, manifestent ce mercredi pour exiger une augmentation de leur prime carburant, la portant à 50 centimes par kilomètre. Ce soulèvement survient alors que les prix à la pompe continuent d’augmenter, rendant leur situation économique de plus en plus insupportable.
Une précarité croissante dans un contexte d'inflation : ces auxiliaires de vie s’organisent dès 9h30 devant leur établissement à Crécy-en-Ponthieu. Elles assurent néanmoins leurs missions auprès des bénéficiaires tout en espérant faire entendre leur détresse. Actuellement, leur employeur rembourse seulement 38 centimes par kilomètre, une somme jugée insuffisante compte tenu de la hausse vertigineuse des coûts du carburant. Valloires Domicile, qui souffre d'un budget contraint, indique que ces demandes sont difficiles à satisfaire.
Témoignages de vie quotidienne : Sylviana, auxiliaire de vie, partage son expérience : "Je dépense environ 100 euros chaque semaine pour un salaire d'environ 1100 euros. Avec une aide de seulement 38 centimes, nous ne recevons qu’environ 50 € par mois pour nos frais. C'est impensable." De nombreuses personnes dans le secteur constatent qu'elles sont obligées de puiser dans leurs économies pour mettre de l'essence et continuer à travailler.
Aline, qui a plus de quinze ans d’ancienneté dans le métier, explique : "Nous devons nous priver de loisirs et de sorties. À ce rythme, il devient impossible de subvenir à nos besoins. Si le Département ne réagit pas, notre avenir est incertain. Nous nous sentons ignorées dans ce système."
Pénurie de soutien : Marina témoigne également de ses inquiétudes : "Nous devons choisir entre payer nos factures ou faire le plein d'essence pour travailler. C'est une véritable angoisse." La direction de Valloires Domicile, représentée par Marie-Charlotte Thueux, espère un geste de la part du Département de la Somme pour alléger le fardeau de ces professionnelles aux services des plus vulnérables. Elle explique : "Nos budgets manquent de flexibilité. Si les coûts du carburant continuent d’augmenter, nous pourrions être contraints de réduire notre aide ou d'annuler des visites. C'est un dilemme auquel nous faisons face chaque jour."
Les auxiliaires de vie, avec le soutien d’organisations locales, envisagent de poursuivre leur mouvement tant que des solutions concrètes ne sont pas apportées. Le bien-être des bénéficiaires et la viabilité de ces métiers essentiels sont en jeu.







