La relation que nous entretenons avec nos appareils est souvent jugée malsaine. Selon le psychologue Kostadin Kushlev, interrogé par le Washington Post, de nombreux Français passent en moyenne 4,6 heures par jour devant un écran, couvrant 29% de leur temps éveillé.
Les technologies actuelles nuisent à des moments de convivialité, comme partager un repas entre amis, explique Noah Castelo, professeur à l'Université de l'Alberta. Leur usage intensif peut affecter notre concentration, notre mémoire et, par extension, notre santé mentale. Une détox numérique pourrait être une clé pour mieux vivre.
Temps d'écran presque divisé par deux
La quête d'une réduction du temps d'écran est en hausse. Les détox digitales deviennent populaires, et une étude récente publiée dans PNAS Nexus a montré leur efficacité.
Pendant 14 jours, 467 participants ont bloqué l'accès à Internet sur leur téléphone. Ce simple acte a réduit leur temps d'écran de 314 minutes à 161 minutes par jour. Les résultats indiquent une amélioration significative de l'attention, de la santé mentale et du bien-être, suggérant qu'une détox de 10 jours pourrait compenser des années de déclin cognitif lié à l'utilisation accrue des réseaux sociaux.
Les participants ont également noté un abaissement des symptômes dépressifs, avec des effets se rapprochant de certains traitements médicamenteux et de thérapies cognitivo-comportementales.
Des bénéfices même pour les tricheurs
Fait surprenant, même ceux qui ont contourné les règles de la détox ont expérimenté des effets positifs. Deux semaines après l'expérience, plusieurs participants ont rapporté que ces améliorations demeuraient, témoignant que même une déconnexion partielle peut être bénéfique.
« Une interruption, même temporaire, peut avoir un impact significatif », souligne Kostadin Kushlev.
Des recherches menées par des équipes de l'Université de Harvard confirment des résultats semblables, avec une réduction de l'anxiété et de la dépression renforcée par des limitations d'usage des smartphones. D'autre part, la nature compulsive de l'utilisation des téléphones, par rapport à un usage sur ordinateur, aggrave les effets dévastateurs.
Vers une prise de conscience mondiale
Alors que les effets néfastes des réseaux sociaux deviennent plus évidents, des législations émergent. L'Australie a déjà interdit aux mineurs l'accès à ces plateformes, une démarche suivie par d'autres pays, y compris certaines nations européennes.
Le 1er avril dernier, le Sénat français a approuvé une loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, alors que des pays comme le Danemark et le Royaume-Uni envisagent des actions similaires. Ce contexte législatif croissant est une réponse au besoin urgent de protéger les générations futures des effets négatifs des plateformes numériques.







