Ce lundi, lors d'une séance du conseil départemental, le budget 2026 de l’Essonne a été approuvé. Alors que les élus mettent en avant une augmentation des recettes, ils expriment également leurs préoccupations face aux coupes budgétaires opérées par l’État, notamment à travers le Dilico, un dispositif controversé d’épargne forcée.
L'année précédente, le conseil départemental avait dû faire face à de graves difficultés financières et avait voté un budget de crise, réduit de 40 millions d’euros dans ses dépenses. Cette fois, François Durovray, président du conseil (LR), espère que les recettes augmenteront, notamment grâce aux droits de mutation à titre onéreux, dont la prévision passe de 213 millions d'euros en 2025 à 240 millions pour 2026. « C’est une prévision optimiste », a-t-il reconnu, tout en soulignant la nécessité d'une vigilance accrue face à la situation internationale et aux premiers mois de l'année, peu encourageants.
Malheureusement, l’Essonne héberge l'un des 25 départements concernés par les ponctions imposées par l'État dans le cadre du Dilico, qui entraînera un prélèvement de 7,8 millions d’euros sur le budget départemental cette année, avec un remboursement étalé sur trois ans. Ce cadre a suscité indignation et incompréhension parmi les élus locaux.
Critiques sur la gestion budgétaire
« C’est complètement dingue ! » a réagi Nicolas Samsoen (UDI), vice-président des finances, abondant dans le sens de François Durovray qui a dénoncé une situation inéquitable. En effet, certains départements, malgré des marges budgétaires confortables, bénéficient d'un fonds de sauvegarde, alors que l'Essonne, face à une situation critique, subit une ponction. « Nous n'avons pas un problème de dépenses mais de recettes », a affirmé Durovray.
Avec un budget total de 1,4 milliard d’euros, une part significative, soit plus de 820 millions d’euros, sera allouée aux politiques de solidarité et de santé, en hausse par rapport aux 786 millions d’euros de l'année précédente. Cette enveloppe inclut des dépenses conséquentes pour le RSA, l'enfance, les personnes handicapées et les personnes âgées. La dette, quant à elle, pourrait grimper à 1,173 milliard d’euros pour 2026.
Une opposition préoccupée
Olivier Thomas (DVG), représentant du groupe d'opposition « Naturellement l’Essonne », a qualifié ce budget de « difficile » et a pointé la nécessité d'une meilleure anticipation. Les effets de l'effondrement des DMTO et le contexte international, couplés à une politique d'épargne peu équitable, sont des points de préoccupation majeurs. L'opposition a donc choisi de voter contre ce budget, s'opposant aux 28 voix pour.







