La cour d’appel de Versailles a tranché ce lundi 13 avril, infligeant une peine d’un an de prison avec sursis à l’enseignante d’Evaëlle, une collégienne de seulement 11 ans qui a mis fin à ses jours en 2019 en raison du harcèlement scolaire qu’elle subissait. Cette décision, accueillie avec soulagement par la famille de la jeune victime, témoigne de la reconnaissance des travers d'un système éducatif souvent critiqué.
La cour a en outre prononcé une interdiction définitive d’enseigner pour la professeure, qui avait été relaxée en première instance. Les parents d’Evaëlle, visibles en larmes à la sortie de l’audience, ont exprimé leur gratitude envers la justice pour avoir enfin pris en compte le harcèlement dont leur fille a souffert, orchestré par sa professeure de français au collège Isabelle-Autissier d’Herblay (Val-d’Oise). En plus des accusations la visant, l’enseignante a également été déclarée coupable de harcèlement envers un autre élève.
Des actes inacceptables révélés
Émovue, Marie Dupuis, la mère d’Evaëlle, a salué le verdict en insistant sur le fait qu’il s’agit seulement d’un premier pas vers une prise de conscience plus profonde des abus potentiels auxquels sont soumis les élèves par certains enseignants. Lors des débats en appel tenus en février, l’avocate générale avait requis 18 mois de prison avec sursis, affirmant que l’enseignante avait « franchi la ligne rouge » en humiliant plusieurs élèves.
Défendant son comportement, l'enseignante a rejeté l'idée d’une hostilité volontaire, se contentant d’expliquer qu’elle avait parfois des échanges directs et fermes avec ses élèves. Toutefois, plusieurs enfants de sa classe ont attesté qu'Evaëlle était la cible répétée des remarques acerbes et des cris de cette professeure. Evaëlle, décrite comme « précoce » et « atypique », a tragiquement choisi de se donner la mort dans sa chambre familiale en juin 2019, un acte qui a révélé des enjeux majeurs autour du harcèlement dans le milieu scolaire.







