ÉDITO. Face au tumulte d'une "nouvelle France" qui semble mettre en péril ses racines historiques, Alain Finkielkraut apparaît comme un guide, invitant chacun à renouer avec la raison et la beauté. Dans son dernier ouvrage, Le Cœur lourd, coécrit avec le journaliste Vincent Trémoulet de Villers, il évoque un cœur chargé de nostalgie, témoignant des espoirs déchus au fil des décennies.
La lucidité est devenue rare dans le débat public, alors que des voix, comme celle de Finkielkraut, appellent à un retour à une certaine clarté de pensée. Lors d’un récent entretien, il avertit : "Un climat de guerre civile s'installe", non pas pour semer la peur, mais pour susciter un éveil nécessaire.
On sent en lui le poids de Baudelaire, l’énergie de Hugo, et la profondeur de Péguy.
Ce fut le moment idéal pour partager notre échange dans le contexte actuel, marqué par l'élection de nouveaux maires de La France insoumise dans des villes en déclin. Ce constat offre une réflexion troublante sur l'avenir de notre belle nation. L'intervention de Finkielkraut devient alors essentielle lorsqu'il dénonce la dégradation des valeurs fondamentales, tout en appelant à la résistance intellectuelle.
Ce n'est pas tant un bilan de sa part, qu'une confession d'une société en quête de rédemption.
Nous aurions pu titrer ce numéro Une âme française. Car l'œuvre de notre académicien respire l'âme de France, entre mélancolie et combativité. Son approche directe face aux défis contemporains révèle un intellect qui n'hésite pas à affronter les sujets délicats. La question religieuse le touche particulièrement, un écrivain en quête d'une spiritualité qu'il peine à trouver.
Finalement, ce ne sont pas seulement les révélations d'Alain Finkielkraut qui importent, mais surtout son appel à une prise de conscience collective. Le récit de notre avenir est à écrire, et chacun d’entre nous peut participer à cette noble tâche.







