Le procès en appel d'Isabelle Adjani concernant une fraude fiscale a débuté ce mercredi 1er avril à la cour d'appel de Paris. L'actrice de 70 ans, connue pour ses rôles emblématiques et récemment absente lors de son premier procès en octobre 2023, a fait son apparition dans une tenue entièrement noire, quelques minutes avant 13h30.
Adjani est suspectée d'avoir déclaré une domiciliation fiscale fictive au Portugal durant les années 2016 et 2017, ainsi que d'avoir dissimulé une donation sous forme de prêt en 2013 et d'avoir transféré un montant important via les États-Unis en 2014. La première audience, engagée le 27 février dernier, avait dû être reportée à cause d'une question de procédure liée à une demande d'assistance administrative auprès des autorités portugaises, car l'actrice possède une résidence sur place.
Le conseil de l'actrice a plaidé ce mercredi des irrégularités dans la procédure, soutenant qu'« Isabelle Adjani était légitimement domiciliée en France » et a contesté la nécessité de déclarer ses impôts ailleurs. L'avocat de l'administration fiscale, Me Ralph Boussier, a, quant à lui, exprimé des doutes : « Peu importe les efforts déployés pour justifier ses actes, la réalité demeure : elle a omis de déclarer ses revenus. »
« Ce n'est pas une fraudeuse notoire, elle n'a pas déclaré et elle a dissimulé une donation, c'est tout. Sa présence aurait pu accélérer le déroulement de l'affaire », a-t-il ajouté.
Concernant la « donation déguisée »
Lors de son procès en première instance, l’actrice, retenue aux États-Unis, avait été reconnue coupable de s'être frauduleusement domiciliée au Portugal, entraînant ainsi un manque à gagner pour l'administration fiscale de 236.000 euros.
Son cas a aussi concerné un montant de deux millions d'euros reçu en 2013 d'un ami, Mamadou Diagna Ndiaye, homme d'affaires et membre du Comité national olympique sénégalais. Pour la justice, ce montant, qualifié de « prêt », était en réalité une donation déguisée, permettant ainsi à l'accusée d'éviter 1,2 million d'euros en droits de mutation. De plus, elle a été reconnue coupable de blanchiment pour avoir transféré 119.000 euros vers le Portugal à travers un compte non déclaré aux États-Unis.
Les avocats d’Adjani ont mentionné qu'elle avait commis une « erreur » en s'installant au Portugal, affirmant qu'elle avait été « mal conseillée » à l'époque. Elle a depuis changé d'équipe juridique.
Il est important de noter que les investigations avaient été initialisées en 2016, suite à la découverte du nom d'Isabelle Adjani dans les Panama Papers, bien qu'aucune poursuite n'ait été engagée à ce sujet.







