Le Golfe persique, reconnu pour sa biodiversité marine exceptionnelle, subit de plein fouet les conséquences des conflits en cours. Les dugongs, tortues marines, coraux et mangroves, qui constituent un écosystème fragile, sont menacés par les bombardements et la pollution pétrolière.
L'Observatoire du conflit et de l'environnement (CEOBS) a déjà enregistré environ 300 incidents environnementaux liés à la guerre, incluant des attaques sur des pétroliers, générant des risques de marées noires catastrophiques.
La particularité du Golfe réside dans sa profondeur moyenne de 50 mètres et sa connexion limitée avec l'océan Indien via le détroit d'Ormuz, entraînant un renouvellement des eaux très lent. Ce phénomène aggrave la dispersion des polluants, conférant aux écosystèmes littoraux une vulnérabilité accrue.
Cette région abrite également la deuxième plus grande population mondiale de dugongs, des mammifères marins herbivores dont la population est estimée entre 5.000 et 7.500 individus. Le Golfe compte également des espèces emblématiques telles que les baleines à bosse et les requins baleines, ainsi que plus de 2.000 autres espèces marines, y compris cinq espèces de tortues, comme la tortue imbriquée, en danger critique d'extinction.
En plus de cela, 100 espèces de coraux, vitales pour la reproduction de nombreuses espèces de poissons et crustacés, sont également présentes. Greenpeace avertit que des dizaines de navires, contenant environ 21 milliards de litres de pétrole, constituent une "bombe à retardement écologique".
Nina Noelle, de Greenpeace Allemagne, qualifie cette situation de "désastre environnemental annoncé". Neuf incidents récents concernant des pétroliers ont été signalés depuis le début de mars, dont des attaques revendiquées par les Gardiens de la Révolution iraniens, mais qui n'ont pas encore été vérifiées par des organismes internationaux.
Les dommages environnementaux produits par les conflits passés témoignent également des risques que court le Golfe. Doug Weir, directeur du CEOBS, rappelle que les guerres précédentes, comme celle du Golfe en 1991, ont provoqué des déversements de pétrole massifs, contaminant gravement la région.
Concernant les coraux, John Burt, professeur au Mubadala Arabian Center for Climate and Environmental Sciences, estime que les effets seront limités car le pétrole flotte en surface. Cependant, les écosystèmes intertidaux, tels que les vasières, pourraient subir de graves dommages.
Les oiseaux marins, quant à eux, font face à de réels dangers, les hydrocarbures menaçant leur plumage et entraînant hypothermie et noyades. Les explosions pourraient également perturber leur migration, impactant ainsi les trajets de plusieurs espèces migratrices.
En conclusion, avec la menace posée par les engins explosifs et les mines marines, l'écosystème marin du Golfe persique se trouve à un tournant critique, nécessitant une attention urgente pour éviter un écocide irréversible.







