Dans le Sud-Ouest, les arènes, ces lieux emblématiques, ne se limitent plus aux corridas et événements taurins. À l'heure où l'optimisation des espaces est une priorité, les municipalités cherchent à diversifier la programmation de ces infrastructures. L'Observatoire des cultures taurines en dénombre 270 en France, avec près d'une centaine dans le seul département des Landes. La plupart des candidats aux élections municipales, qui se dérouleront les 15 et 22 mars, n'envisagent pas leur destruction, quelle que soit leur position sur la corrida. Une chose est claire : ces arènes font partie du patrimoine et de la culture locale depuis plus d'un siècle.
Bayonne, par exemple, a déjà pris les devants en diversifiant l'usage de son arène de première catégorie. Des corridas aux visites touristiques, en passant par des séminaires et des concerts, la ville attire chaque année quelque 6 000 visiteurs. Son adjoint à la culture, Yves Ugalde, explique : "Nous pourrions faire plus, mais l'arène de 10 000 places est dans un quartier résidentiel, donc il faut équilibrer les activités." Cet équilibre est aussi crucial à Dax, où, selon Éric Darrière, président de la commission taurine, "les Dacquois s'identifient aux arènes, qu'ils assistent à la corrida ou non; c'est un monument historique qui unit la ville".
Des projets innovants dans les villages
Dans des villages comme Captieux en Gironde, les arènes restent souvent sous-utilisées. Actuellement, elles ne proposent qu'une novillada et une course landaise par an. Cependant, le président de Rugby y Toros, Stéphone Brethes, déclare : "La mairie est ouverte aux discussions pour diversifier l'offre : spectacles, tournois de pétanque, vide-greniers, cinémas en plein air, et spectacles d'humour." Les aléas climatiques représentent le principal frein à l'organisation d'événements.
Pour moderniser ces espaces, une couverture est envisagée, un investissement que Jean-François Pilès, gestionnaire des arènes d’Aire-sur-l’Adour, juge stratégique. "C’est la clé pour faire vivre ces lieux tout au long de l'année," souligne-t-il, bien que les coûts – entre 5 et 10 millions d'euros selon les projets – soient un obstacle majeur.
Réinventer les arènes avec des événements diversifiés
Dans des villes comme Bilbao ou San Sebastián, on observe aussi une volonté de réinventer les arènes. San Sebastián prévoit un investissement énorme pour transformer ses arènes d'Illumbe en un pôle d'activités culturelles et sportives, sans pour autant renier la tradition taurine. À l'image de cette initiative, Barcelone a transformé ses propres arènes en centre commercial après avoir interdit la corrida en 2010.
Les nouvelles générations portent un regard critique et ambitieux sur ces enceintes. Les arènes de Parentis-en-Born, par exemple, ont subi une transformation récente, intégrant un espace polyvalent qui accueille une diversité d'événements, des foires aux concerts, tout en préservant l'accessibilité et la fonctionnalité.
Dans le contexte actuel, les arènes apparaissent comme des espaces à fort potentiel. Leur redéfinition pourrait bénéficier à toute la communauté locale, tout en ancrant ces traditions dans un avenir diversifié.







