Une nouvelle recherche menée par le King’s College de Londres et l’institut de sondage Ipsos dans 29 pays met en lumière des disparités alarmantes concernant les perceptions de la gent féminine par les jeunes hommes.
Selon les résultats, près d'un jeune homme sur trois, soit 31 % des participants de la Génération Z (âgés de 14 à 29 ans), affirme qu'une femme doit obéir à son mari. Cette affirmation, révélatrice d'une culture encore profondément ancrée dans le patriarcat, est issue d'une enquête parue le 5 mars, mettant en lumière la vision des jeunes sur les rôles de genre et l'égalité. Les répondants ont été interrogés sur leurs idées relatives à ces sujets dans le cadre d’une étude impliquant plus de 23 000 personnes, dont de nombreux Français.
D'autres résultats montrent que 33 % pensent que les hommes devraient avoir le dernier mot lors des décisions importantes au sein d'une relation, tandis que 24 % estiment que les femmes ne doivent pas sembler trop indépendantes. Plus alarmant encore, 21 % affirment qu'une « vraie femme » ne devrait pas initier des rapports sexuels.
Des exigences genrées
Ces résultats sont inquiétants, notamment quand on observe que parmi les générations plus anciennes, les opinions sont beaucoup moins marquées. Seulement 13 % des baby boomers, ceux nés entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 1960, pensent qu'une femme doit se soumettre à son mari. De même, parmi les jeunes femmes de la Génération Z, seulement 18 % adhèrent à cette croyance.
Les jeunes hommes semblent aussi contraints par des normes de genre strictes : 43 % d’entre eux estiment qu'il est nécessaire d'incarner une image de dureté, même si cela ne correspond pas à leur vrai caractère.
Des attitudes préoccupantes
Dans l'ensemble des 29 pays étudiés, 55 % des répondants estiment que les jeunes femmes d'aujourd'hui bénéficieront d'une vie meilleure que celle de leurs mères, un chiffre stable par rapport à l'an passé. En revanche, l'optimisme concernant l'avenir des jeunes hommes a chuté de 5 points, atteignant 40 %.
Malgré une impression générale selon laquelle un meilleur équilibre des genres pourrait être bénéfique – 60 % des répondants pensent que davantage de femmes en position de pouvoir dans les entreprises et le gouvernement améliorerait les choses – près de la moitié des personnes interrogées (52 %) croient que les progrès en matière d'égalité sont suffisant. Paradoxalement, 46 % estiment que les hommes sont surchargés au travail pour maintenir cette égalité et que les avancées en faveur des femmes entraînent une forme de discrimination envers les hommes.
Julia Gillard AC, présidente du King’s Global Institute for Women’s Leadership, a exprimé ses préoccupations : « Il est alarmant de constater que les attitudes envers l'égalité des sexes stagnent, notamment parmi les jeunes hommes. Beaucoup d'entre eux se figent dans des attentes limitantes, non seulement pour les femmes, mais aussi pour eux-mêmes. Nous devons renforcer notre engagement pour surmonter cette perception erronée d'un monde égalitaire où seulement une partie tirerait profit. »







