Les récentes actions de l'Office français de la biodiversité (OFB) dans l'Oise ont révélé un panorama inquiétant du trafic d'animaux et d'objets illégaux dérivés d'espèces protégées. En effet, sur une période de cinq ans, l’OFB a effectué un bilan révélateur concernant cette lutte cruciale.
Entre 2020 et 2025, les agents, sous la direction des parquets de Beauvais, Compiègne et Senlis, ont engagé pas moins de 54 procédures judiciaires. Au total, ce travail acharné a conduit à la saisie de 89 animaux vivants ainsi que de 1 154 animaux morts ou parties d'animaux, selon un rapport de Le Parisien.
Détaillant ces saisies, on note pas moins de 32 oiseaux, 38 tortues, et 19 mammifères, parmi lesquels 10 tigres et un orang-outan. Les objets confisqués sont tout aussi alarmants : crânes d'orang-outan, de lion ou de léopard, peaux de crocodile et de python, ivoire d’éléphant, et même des papillons protégés, révélaient encore les conclusions de l’OFB.
un dossier exceptionnel : dix tigres saisis chez un dresseur
Un des cas les plus remarqués concernait un dresseur, qui a vu dix tigres saisis en décembre 2020 pour maltraitance et exploitation illégale. Cette affaire a été largement médiatisée, comme l’indique la police de l’environnement. L’implication des autorités a mené à une condamnation, en janvier 2026, de 12 mois de prison avec sursis, deux ans d'interdiction d'exercer, et un remboursement de plus de 333 000 euros pour les frais de garde des animaux.
des réseaux de trafic de ouistitis démantelés à creil
Une autre enquête, conjointe avec la gendarmerie, a récemment révélé un trafic de petits singes à Creil, où un habitant a été surpris en train de vendre illégalement des ouistitis. Ce dernier a été condamné en septembre 2025 à huit mois de prison avec sursis et à une amende de 5 000 euros.
Les agents ne se sont pas limités aux animaux vivants. En 2024, ils ont réussi à intercepter 492 perles de corail bleu, protégées par la Convention de Washington, destinées à un marché clandestin. De plus, lors d'une opération à la Foire aux puces de Crèvecœur-le-Grand, 78 objets d'espèces protégées, allant des oiseaux naturalisés aux pièces en ivoire considérées comme antiquités, ont été récupérés.
Sur la scène internationale, le trafic d’espèces sauvages demeure l’une des menaces les plus sérieuses contre la biodiversité. En France, la détention et le commerce d’espèces protégées sont sévèrement sanctionnés, pouvant entraîner jusqu’à sept ans de prison et des amendes de 750 000 euros en cas d’organisation criminelle, selon les estimations de l’OFB.







