Marseille (France) – Yves Juhel, le maire divers droite de Menton, a été reconnu coupable vendredi d'avoir détourné des fonds publics, entraînant une condamnation à un an de prison ferme ainsi qu'à deux ans avec sursis. Ce verdict s'inscrit dans une affaire qui a profondément affecté le paysage politique de cette ville des Alpes-Maritimes.
Âgé de 80 ans et ayant décidé de ne pas se présenter aux prochaines élections municipales, M. Juhel a également écopé de dix ans d'inéligibilité et d'une amende de 60.000 euros, en plus de la confiscation de 44.000 euros, retrouvés sur un compte bancaire. Bien qu'il ait été acquitté concernant des dépenses de campagne de 4.500 euros, la majeure partie de sa peine sera purgée à domicile grâce à un bracelet électronique.
Lors de l'audience, Juhel a exprimé son désarroi, affirmant qu'il réfléchissait à faire appel des décisions de justice, en ajoutant que son ancien adjoint, Mathieu Messina, a contribué à sa chute. Ce dernier a, quant à lui, été condamné à trois ans de prison ferme, bien qu'un mandat d'arrêt ait été émis à son encontre en raison de son absence à l’audience, justifiée par la présence auprès de son avocate hospitalisée.
Messina, ancien directeur de la société des ports de Menton, a avoué un détournement de fonds pouvant atteindre 900.000 euros, bien qu'il nie une partie importante de la somme. Dans sa défense, il a argumenté qu’il avait recours à ces fonds pour compenser l'absence de salaire lié à sa fonction. Les rapports révèlent qu'il menait un train de vie extravagant, impliquant des voyages luxueux, des locations de voitures onéreuses et des frais de bouche avec des produits haut de gamme.
L'ex-directeur des services municipaux, Eric Le Floch, identifié comme lanceur d'alerte, a été relaxé. Ému aux larmes après le verdict, il a commenté : "La justice a fait ce qu'elle devait faire".
Dans ce dossier compliqué, quatre proches de Messina ont également été condamnés à des peines de prison avec sursis, allant de 12 à 15 mois, ainsi qu'à des amendes allant de 3.000 à 30.000 euros. D'autres avaient déjà été jugés dans des comparutions passées.
Cette affaire, remontant à des pratiques détectées dans la gestion des ports, a gangrené la vie politique locale alors que Menton, coincée entre Monaco et l'Italie, s'apprête à des élections cruciales en mars, où la candidate RN Alexandra Masson apparaît comme une dangereuse concurrente face à une droite fragmentée. En meeting, elle a reçu le soutien de figures d'extrême droite, notamment Eric Ciotti et Jordan Bardella, alors que l'ancien maire a choisi de soutenir Louis Sarkozy, lançant le fils de l'ancien président dans un contexte politique incertain.







