Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), se rend à Marseille et Menton, des villes clés pour le parti, alors que Benoît Payan, le maire sortant de gauche, prédit qu'un basculement à l'extrême droite dans la seconde ville de France serait un événement d'une grande ampleur.
Après une campagne marquée par la vigilance dans des villes comme Nîmes, Bardella concentre ses efforts à Marseille pour soutenir Franck Allisio, un candidat RN qui se trouve en compétition très serrée avec Benoît Payan selon les derniers sondages.
Marine Le Pen, quant à elle, se rend en Ardèche et dans le Gard, ses interventions prenant une ampleur significative seulement neuf jours avant le premier tour des élections.
Benoît Payan s'exprime avec force dans les colonnes de Libération : "Si Marseille passe sous l'égide du RN, cela constituera un véritable séisme pour notre nation." Il ajoute que cette ville, déjà affectée par des difficultés économiques, ne peut se permettre l'arrivée d'un régime néofasciste, alimenté par les ambitions de Jean-Luc Mélenchon.
La pique de Payan survient alors que Mélenchon planifie également une visite à Marseille, soutenant son candidat Sébastien Delogu. Bien que Payan soit favori dans les sondages, il rejette toute possibilité de rapprochement avec La France Insoumise (LFI), appelant plutôt à un désistement responsable de la liste la moins bien positionnée.
Le RN espère reproduire ses succès précédents à Perpignan et Fréjus en visant la conquête de Marseille, ainsi que de Toulon, où Le Pen a récemment effectué une visite. Les récentes manœuvres de communication autour de Menton ont également été intensifiées, surtout après l'ascension politique de Louis Sarkozy, qui a décidé d'y faire ses premiers pas.
En soirée, Bardella sera présent à Menton pour un meeting avec Alexandra Masson, une ancienne UMP ayant rejoint les rangs du RN. Cette dernière est renforcée par des soutiens locaux, mais la dynamique reste tendue face à la concurrence d'autres candidats de la droite.
Sondages récents montrent que plusieurs listes à Menton se disputent la première place, mais Masson demeure la favorite avec 31% des intentions de vote, suivi de près par d'autres candidats à environ 15-17% chacun.
De manière intéressante, Bardella arrive à Menton alors que le maire sortant fait face à des accusations de détournement de fonds à Marseille. Les tensions sont palpables, tandis que la députée Masson revendique une "désir de calme et de transparence" au sein de sa campagne.
Louis Sarkozy, pour sa part, intensifie sa présence sur le terrain par des tractages et des réunions communautaires, critiquant le programme de sa rivale qu'il juge "immature". "Nous avons la meilleure équipe et la meilleure stratégie", clame-t-il, restant déterminé à réussir cette campagne.
Une autre voix se fait entendre dans le débat, celle de l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, qui sera à Perpignan, la plus grande ville sous contrôle du RN. Toutefois, c'est la gauche qui semble au bord d'un conflit interne, notamment après les récentes déclarations controversées de Jean-Luc Mélenchon, qui ont ravivé des accusations d'antisémitisme.
Les regards se tournent également vers d'autres villes comme Le Mans et Lille, où des soutiens politiques se mobilisent en vue des municipales, rendant cette période électorale aussi délicate qu'impactante pour l'avenir de la France.







