Des révélations récentes de la presse américaine indiquent que la Russie pourrait avoir partagé des informations stratégiques avec l'Iran concernant les positions des forces américaines au Moyen-Orient. Ces données, qui incluent les emplacements des navires et des avions militaires, soulèvent des questions sur le degré d'implication de Moscou dans le conflit après les escalades des combats du 28 février.
Trois responsables anonymes, s’exprimant auprès du Washington Post, rapportent que Moscou aurait non seulement fourni des renseignements mais aussi indirectement soutenu les opérations iraniennes, contredisant les déclarations précédentes de la Russie qui prônait la paix dans la région.
Les analystes s'accordent à dire que les frappes irakiennes récentes ont montré un niveau de précision supérieur, un changement attribué à l'assistance technique russe. De plus, les attaques sur des infrastructures critiques, y compris la base de la CIA à Riyad, ainsi que la mort de plusieurs soldats américains, témoignent d'une mise à jour significative des capacités d'intelligence iraniennes.
« Une sorte de retour »
Dara Massicot, spécialiste militaire, précise que l'Iran semble désormais mieux équipé pour cibler les radars et les systèmes de commandement, soulignant l'importance du savoir-faire russe. Les informations fournies grâce aux technologies spatiales russes pourraient être un atout crucial dans ce combat, surtout étant donné la limite des capacités satellitaires iraniennes.
Nicole Grajewski, chercheuse au Belfer Center de Harvard, abonde dans son sens en notant une amélioration notable de la qualité des frappes iraniennes comparativement aux conflits précédents, comme celui de l'été dernier avec Israël. La coopération entre les deux puissances pourrait transformer la dynamique du conflit en cours.
Moscou, ayant noué des liens étroits avec Téhéran, pourrait bénéficier d’un prolongement du conflit. Un tel scénario favoriserait non seulement des revenus pétroliers accrus mais pourrait également détourner l’attention mondiale des hostilités en Ukraine. Comme le souligne un responsable anonyme cité par le Washington Post, « Les Russes cherchent certainement à obtenir un retour sur leur investissement dans cette relation stratégique. »







