Actuellement, les enseignants remplaçants du premier degré dans la Somme sont attachés à une école et à une circonscription, limitant ainsi leurs déplacements à un rayon d'environ 30 km. Des brigades spécialisées peuvent également intervenir au sein des établissements de réseaux d'éducation prioritaires (REP+).
Cependant, une réforme annoncée par le ministère de l'Éducation bouleverse cette organisation. Dès la prochaine rentrée, un système informatisé permettra des remplacements à l’échelle départementale. Les déplacements seront donc prolongés, compliquant la prise en charge des absences de courte durée, comme l’a souligné l'intersyndicale qui a prévu une manifestation ce jeudi 12 février, devant la cité administrative d'Amiens à 8h15.
"On va vers une forme d'ubérisation du métier d'enseignant remplaçant", déplore Rémi Nucibella, co-secrétaire départemental Snuipp-FSU. Dans la Somme, 280 remplaçants se trouvent concernés par cette réforme qui privilégie un logiciel de centralisation pour gérer les absences. "Cela néglige les spécificités des différents types de postes et leurs besoins", ajoute-t-il.
Ce changement va participer à aggraver la souffrance au travail des personnels
Les enseignants remplaçants devront désormais intervenir dans des classes qu’ils ne connaissent pas, sans lien avec leurs spécialités REP+ qui favoriseront des interventions régulières dans les mêmes établissements, augmentant ainsi l'efficacité pédagogique.
"Ce changement va participer à aggraver la souffrance au travail des personnels", insiste Rémi Nucibella. "Avoir un remplaçant qui connaît le secteur et les élèves facilite grandement la gestion de classes difficiles ou surchargées. Or, avec cette réforme, la compétence acquise au fil des ans ne sera plus valorisée, et les remplacements se feront sans égard pour les spécificités locales ou personnelles."
Les revendications portent sur le maintien des missions actuellement assurées par les remplaçants. "Ces professionnels ont validé leurs postes et spécialités par des entretiens. Le bouleversement imminent de leur zone géographique et de leur expertise est inacceptable", conclut Rémi Nucibella. Dans la Somme, la mobilisation continue pour défendre le métier d'enseignant en ces temps de réforme.







