Plusieurs maisons d'édition, incluant Hachette, ont décidé de poursuivre Google en justice, l'accusant d'avoir exploité sans permission des œuvres protégées par le droit d'auteur pour entraîner son modèle d'intelligence artificielle, Gemini.
Dans leur dépôt de plainte à New York, les plaignants, dont Cengage Learning, Elsevier, et l'écrivain Scott Turow avec sa société d'édition S.C.R.I.B.E., soulignent que "l'ampleur et la rapidité" avec lesquelles Gemini peut produire des livres et rivaliser avec des auteurs humains sont inédites. Ils affirment que Google a "secrètement copié des millions d'œuvres" stockées dans sa bibliothèque numérique, Google Books, et dans d'autres services pour des "usages limités", avant de les utiliser pour alimenter son IA.
Les plaignants soutiennent que les contenus générés par Gemini nuisent directement à la création littéraire originale. Ils notent que l'IA est capable d'adapter ses réponses afin d'imiter des styles et choix créatifs d'auteurs spécifiques, ce qui remet en question la nature même de la créativité et des droits d'auteur. Une série d'experts du secteur, dont des avocats spécialisés en propriété intellectuelle, affirment que cette pratique pourrait altérer l'écosystème littéraire.
Les demandeurs souhaitent non seulement que le tribunal mette un terme à ces pratiques, mais également qu'il ordonne à Google de leur verser des dommages-intérêts, dont le montant reste à déterminer. Cette action s'inscrit dans un contexte plus large de contentieux similaires autour de l'utilisation des œuvres protégées par d'autres entreprises technologiques, notamment Meta, qui a déjà fait face à des accusations similaires l'année dernière.
Une autre entreprise, Anthropic, avait pour sa part signé un accord en septembre dernier, acceptant de verser au moins 1,5 milliard de dollars à des auteurs et des éditeurs qu'elle avait poursuivis pour avoir téléchargé illégalement des millions de livres. Malgré cela, un juge avait conclu que l'alimentation d'un modèle d'IA générative avec des œuvres théoriquement protégées par le droit d'auteur ne constituait pas une infraction. Cet aspect soulève un débat crucial sur la légalité de l'utilisation des œuvres par les systèmes d'intelligence artificielle.







