Le 29 juin dernier, le gouvernement a pris la décision de dissoudre le groupement d’intérêt public (GIP) France Tiers-Lieux, chargé de piloter le soutien à environ 3 500 tiers-lieux à travers le pays, dont plus d'un tiers sont situés en milieu rural. Cette annonce a suscité des réactions critiques, certains y voyant un désengagement inquiétant de l'État.
Créé en 2022 avec une mission initiale de trois ans, prolongée d'un an, le GIP a officiellement mis fin à ses activités le 29 juin. Les tiers-lieux, qui incluent des espaces de coworking, des friches culturelles et des fablabs, jouent un rôle clé dans les dynamiques locales et le développement économique.
Le ministère de l'aménagement du territoire tente de rassurer en affirmant que, malgré cette dissolution, « l'animation nationale et régionale des tiers-lieux demeurera accompagnée par l’État ». Selon ses représentants, l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) « reste en lien avec l’ensemble des acteurs ».
Quelle forme de soutien à l’avenir ?
Cependant, des experts s'interrogent sur l'absence de communication publique et sur le manque de stratégie de continuité. Un spécialiste du secteur déclare que cette dissolution « met un terme à huit années de structuration progressive d’une politique publique d’intérêt national ». Il souligne également que cela pourrait entraver l'organisation de l'aide aux tiers-lieux à l'échelle nationale, vu que des « crédits dédiés, une gouvernance interministérielle et une équipe d'experts » avaient été mobilisés.
Malgré ces préoccupations, le gouvernement rappelle que les tiers-lieux ont bénéficié d'un soutien important lors de leur création dans le cadre du plan de relance et qu’ils peuvent continuer à profiter des dispositifs d'accompagnement traditionnels, tant de l'État que des collectivités locales.
Cette nouvelle intervient peu après la fermeture du GIP Épau, chargé d'accompagner l'adaptation des territoires au changement climatique, ce qui a entraîné le licenciement de ses 21 agents. Ce contexte soulève des questions sur la volonté globale de l'État d'investir dans des structures de soutien à long terme.
En revanche, le gouvernement a annoncé la prolongation du programme « Villages d'avenir », destiné aux communes de moins de 3 500 habitants, jusqu'à la fin du mandat municipal. Cette mesure est encadrée par un système d'entrée et de sortie qui pourrait restreindre les nouvelles intégrations.







